26/01/2016 - 11h34

Constant Lestienne : ''Objectif, rentrer dans les 200 premiers mondiaux''

Victorieux la semaine dernière à Bressuire, le Français Constant Lestienne (23 ans, 292e ATP) poursuit sa progression. Et rêve de rentrer dans les 200 meilleurs mondiaux en fin d’année afin de pouvoir vivre de sa passion.

Vous venez de remporter le Future de Bressuire. Comment s’est déroulée cette semaine victorieuse ?

Je suis arrivé fatigué à Bressuire, puisque la semaine précédente, j’avais atteint la finale dans un autre Future, à Bagnoles-de-l’Orne. Il a également fallu s’adapter au changement de surface car je suis passé de la terre battue couverte au dur indoor. Et quasiment chaque match a été accroché, j’ai dû disputer 3 sets lors de 3 de mes 5 rencontres, notamment la finale contre Hugo Nys (6/7, 6/1, 6/4). Je suis vraiment content d’avoir pu remporter ces combats « à l’arrache », et bien sûr de repartir avec le titre, le 3e de ma carrière, en plus contre mon ami. Même si c’était tendu sur le court.

 

La semaine parfaite en quelque sorte…

Oui, c’était une semaine forte émotionnellement. On dit parfois que je me repose sur mon talent et que mentalement j’ai tendance à lâcher quand c’est accroché, donc ce succès me fait d’autant plus plaisir. Mais comme j’ai joué contre Hugo, qui est aussi un joueur talentueux, il faut croire que ça m’a aidé (rires).

 

Vous attendiez-vous à obtenir d’aussi bons résultats en ce début d’année ?

Non pas forcément, d’autant que si on remonte un peu plus loin, sur mes 3 derniers tournois Future, je fais 3 finales pour 2 titres. Cet hiver, je me suis entraîné 3 semaines au CNE (Centre National d’Entraînement), à Roland-Garros, sur invitation de la « Fédé » et je crois que ça m’a fait du bien.

 

Quels sont vos objectifs cette saison ?

J’ai encore pas mal de points à défendre sur la première partie de l’année car j’avais plutôt bien joué l’an passé à la même époque (ndlr : demi-finale au Challenger de Quimper après être sorti des qualifications, une finale plus 3 demi-finales en Future au cours des 6 premiers mois). Ma volonté est donc d’avoir le classement suffisant pour participer aux qualifications à Roland-Garros puis à Wimbledon, (ndlr : ce qui implique d’être approximativement entre la 130e et la 250e place). Ensuite, j’aimerais terminer la saison sous la 200e place mondiale. Ce qui passe par plus de régularité sur chaque tournoi, semaine après semaine, ne pas se contenter de réussir « un coup » de temps en temps.

 

Quel est votre programme dans les semaines à venir ?

Je vais essayer de disputer un maximum de Challengers en France (Cherbourg, Quimper, Saint-Brieuc, Le Gosier en Guadeloupe), puis de partir aux Etats-Unis avant de revenir en France pour Roland-Garros.

 

Comment résumer vos forces et vos faiblesses ?

Sans trop dévoiler de choses à mes adversaires (rires), je pense pouvoir progresser au service. En revanche, je suis solide avec mon revers à deux mains, et je peux faire pas mal de choses côté coup droit : le choper, le lifter, le frapper à plat. Par ailleurs, je me déplace plutôt bien sur le court.

 

Quelle est votre structure d’entraînement ?

Je m’entraîne à la Player’s Academy, avec mon coach Mathieu Rodriguez sur le site du Paris Country Club à Rueil Malmaison. Ça fait maintenant plus d’un an que j’y suis et je m’y sens bien. Même si parfois, il m’arrive de m’entraîner avec la FFT.

 

De quelle façon avez-vous découvert le tennis ?

Quand j’avais 5 ans, j’ai voulu essayer un sport. J’ai commencé par le judo mais ça ne m’a pas trop plu. Je me suis donc mis au tennis et comme on m’a dit que j’étais doué, ça m’a encouragé. De la 6e à la 3e, je suis parti au Pôle Espoirs de Picardie. Avant de passer 3 années à l’académie ISP à Sophia-Antipolis, (qui a fusionné avec la Mouratoglou Tennis Academy fin 2014). J’ai ensuite repris un cursus normal au lycée, puis passé un BTS management dans une école. Avant de choisir de me consacrer pleinement au tennis à partir de 2013.

 

Gagne-t-on sa vie quand on est comme vous 292e mondial ?

Clairement non. Tout l’argent que je gagne, je le réinvestis directement, notamment pour voyager. Pour le moment, le tennis ne me nourrit pas. Même si je viens de vivre 3 semaines positives qui m’ont permis de rentrer dans mes frais. Ça fait vraiment du bien !

 

Dans ce contexte, on s’inquiète en permanence de son classement ?

C’est normal, mais en même temps, si on écoute tout le monde, il faut être dans le Top 100 à 20 ans, or c’est impossible. Cette période est terminée. Y entrer à 25-26 ans, c’est déjà énorme. L’âge moyen des membres du Top 100 ne fait qu’augmenter, car il faut réunir plein de qualités et il y a énormément de concurrence. Il me semble avoir lu une « stat » selon laquelle 70% des 100 meilleurs joueurs mondiaux ont plus de 28 ans.

 

Vos joueurs préférés ?

J’adore Rafael Nadal, pour son attitude de guerrier, sa manière de na jamais rien lâcher. Et bien sûr je regarde attentivement les « top » joueurs comme Federer ou Djokovic. On dirait de la Playstation (rires). Ça m’impressionne encore même si je n’ai pas vraiment d’idole.

 

En dehors du tennis, quels sont vos loisirs ?

Paradoxalement, je n’aime pas trop me « poser » quand je ne suis pas en tournoi ou à l’entraînement. Mon temps libre, je le consacre aux sorties entre amis. D’autant que je n’ai pas de passion particulière à part le tennis.

 

 

 

Recueilli par Baptiste Blanchet