Le tennis, un allié dans la lutte contre le cancer du sein | Fédération Française de Tennis

11/10/2016

Le tennis, un allié dans la lutte contre le cancer du sein

Jeudi 29 septembre, une dizaine de patientes de l’hôpital Saint-Louis se sont retrouvées place de la République à Paris pour échanger quelques balles, sur l’invitation du Docteur Caroline Cuvier qui les accompagne dans leur lutte contre le cancer du sein.


Octobre rose : le tennis, allié pour lutter... par FFT

Dans le cadre d’Octobre rose, un mois dédié à la prévention et à la lutte contre le cancer du sein, cette opération organisée conjointement par la ligue de tennis de Paris et le Dr Cuvier, qui collabore régulièrement avec la Fédération Française de Tennis dans le cadre du projet Tennis Sport Bien-être, a permis de mettre en avant les bienfaits de la pratique d’une activité physique et notamment du tennis pendant la période de traitement en cas de cancer du sein. Des bienfaits constatés depuis plusieurs années par le Dr Caroline Cuvier, oncologue à l’hôpital Saint-Louis.

"De nombreuses données montrent que la pratique d’une activité physique pendant et après le traitement permet de faire baisser le taux de récidive du cancer du sein d’environ 25%, notamment grâce à plusieurs facteurs comme la diminution des taux  de certaines hormones tels les œstrogènes ou l’insuline, laquelle a une influence importante dans la carcinogénèse. Il n’y a pas d’étude spécifique au tennis mais depuis que nous avons débuté les cours de tennis sur le terrain de l’hôpital Saint-Louis, il y a plus de quatre ans, je fais remplir des questionnaires aux patientes avant le début de l’activité puis quelques mois plus tard et toutes me font des retours très positifs. Cette activité les aide à reprendre confiance en elles en améliorant la perception de leur corps souvent agressé par la maladie et surtout les traitements. Être ensemble est aussi très important pour elles et le tennis leur permet de venir à l’hôpital pour faire quelque chose d’agréable."

Le tennis, un sport modulable et adaptable

Pour rendre le tennis encore plus accessible, la FFT travaille depuis plusieurs années avec différents groupes de professionnels pour rendre l’activité modulable, comme l’explique le Docteur Bernard Montalvan.

"Tout le monde sait que c’est important de faire du sport pour la santé et l’avantage avec le tennis, c’est qu’on peut s’amuser quelque soit notre niveau. On travaille avec des éducateurs de tennis, la direction de la compétition et des médecins dont le Dr Cuvier pour adapter la pratique à différents groupes de personnes. On peut ralentir les échanges grâce à différents types de balles. On peut également modifier les dimensions des terrains, des raquettes… On s’est aperçu que tout le monde pouvait jouer au tennis. Le Docteur Cuvier avait débuté ce programme avant nous et on est ravis de travailler avec elle. Quand elle nous a demandé un court de tennis pour cette opération, on a dit oui tout de suite."

Le sport et le rire comme alliés

Le Docteur Cuvier n’a eu aucun mal non plus à convaincre ses patientes de la rejoindre pour cette animation. Pendant près d’une heure, une dizaine d’entre elles ont échangé quelques balles et surtout beaucoup de rires autour de Paulo, leur professeur de tennis. "C’est toujours comme ça. Même au lendemain d’une chimiothérapie alors qu’elles sont fatiguées, elles font ce qu’elles peuvent mais elles sourient beaucoup. Parfois j’ai l’impression que c’est elles qui me donnent de l’énergie et pas l’inverse", commentait celui qui leur apprend à jouer au tennis depuis quatre ans.

"Paulo c’est une crème, renchérissait Virginie l’une de ses élèves. Il nous accueille toutes avec nos niveaux différents, il s’adapte, toujours avec gentillesse et aussi  beaucoup d’humour. Moi j’ai commencé en décembre dernier et ça m’apporte beaucoup. Ça m’a permis de rencontrer d’autres patientes qui sont devenues un peu ma deuxième famille. Parfois on pleure, parfois on rigole mais on se comprend et ce sont les seules avec qui on peut vraiment parler de tout."

Un sentiment partagé par Marie-Noëlle, également patiente du Dr Cuvier. "Au début c’est un peu difficile de quitter son canapé et d’aller jouer parce qu’on n’est pas sûre de soi. On ne sait pas comment on va tenir physiquement et moralement mais le tennis m’a permis de me rendre compte que j’avais des muscles ! J’étais très fatiguée mais tout ce que je faisais se transformait en énergie, c’était formidable. Une fois qu’on y est, on se rend compte qu’on prend du plaisir. Ça nous apporte beaucoup de confiance en nous. On ne sait pas trop où on va dans ces moments-là et pouvoir créer un lien social, parler de tout sans avoir à se justifier, ça aide énormément."

Et même après la fin de leur traitement, de nombreuses patientes poursuivent la pratique du tennis à l’image de Marie-Noëlle, qui aime retrouver ses anciennes partenaires d’entraînement de l’hôpital Saint-Louis. "Maintenant j’essaie de jouer au moins deux fois par semaine, parfois avec d’anciennes malades avec qui nous sommes restées proches parce qu’on crée des liens très forts."

Soucieuse de développer ce genre de projets auprès des personnes en traitement, la FFT participera, toujours avec le Dr Cuvier, au congrès mondial de lutte contre le cancer organisé par l’UICC qui aura lieu du 31 octobre au 3 novembre à Paris.

Amandine Reymond