05/01/2016 - 12h44

Le 'top 10' des perfs du tennis français à l'Open d'Australie

Historiquement, dans l'ère open, l'Open d'Australie a souvent souri au tennis français. Des triomphes d'Amélie Mauresmo et de Mary Pierce aux coups d'éclat de Jo-Wilfried Tsonga et de Nicolas Escudé, nous avons tenté d'établir un ''top 10'' des exploits bleu-blanc-rouge à Melbourne.

1) 2006, victoire d'Amélie Mauresmo
Ce premier titre du Grand Chelem est un immense soulagement pour Amélie Mauresmo, en quête de ce Graal depuis de nombreuses années, après avoir notamment conquis la place de n°1 mondiale. Si son bonheur n'est pas explosif puisque Justine Henin abandonnera en finale, il est en revanche mérité, tant "Amé" avait dominé son sujet avant le jet de l'éponge de la Belge.
 

2) 1995, victoire de Mary Pierce
Comme Amélie Mauresmo, c'est à Melbourne que Mary Pierce a inauguré son palmarès en Grand Chelem. A 20 ans, son tennis explosif lui permet de réaliser un parcours éblouissant. En finale, l'Espagnole Arantxa Sanchez ne pèse pas lourd, comme les autres adversaires toutes balayées par la tête de série n°4.

3) 2008, finale de Jo-Wilfried Tsonga
Plus que le résultat et cette finale perdue en quatre sets face à un autre jeune loup, Novak Djokovic, c'est la manière avec laquelle Jo-Wilfried Tsonga s'est hissé jusqu'au match suprême qui restera inoubliable. Le public australien tombe sous le charme du "Mohamed Ali" du tennis. Non tête de série, "Jo" crée la sensation au 1er tour en éliminant Andy Murray, mais son chef d'oeuvre reste sa demi-finale extraordinaire face à Rafael Nadal, laminé 6/2, 6/3, 6/2 par l'élève d'Eric Winogradsky, en état de grâce.
 

4) 2001, finale d'Arnaud Clément et demi-finale de Sébastien Grosjean
Vainqueur notamment du jeune Roger Federer en huitièmes de finale et de Yevgeny Kafelnikov en quarts, Arnaud Clément est la surprise du tournoi masculin aux côtés de... Sébastien Grosjean, son ami, qu'il retrouve en demi-finales. "La Clé remonte deux sets de retard, sauve une balle de match et obtient le droit de défier Andre Agassi en finale. Mais l'Américain est trop fort...

5) 1999, finale d'Amélie Mauresmo
Personne, ou presque, ne connaît Amélie Mauresmo quand la Picarde signe le premier grand exploit de sa carrière, en se hissant en finale à Melbourne. Non tête de série, elle sauve deux balles de match au 1er tour avant de se lancer dans un parcours étourdissant, avec en point d'orgue un succès en demi-finales face à la n°1 mondiale, Lindsay Davenport. Elle sera rattrapée par son manque d'expérience en finale face à Martina Hingis, mais une étoile est née.

 

6) 1997, finale de Mary Pierce
Deux ans après son triomphe, Mary Pierce poursuit sa "love story" avec l'Open d'Australie. Elle n'est même pas tête de série après une année 1996 marquée par les blessures. Et pourtant elle domine sur son passage quatre têtes de série, dont l'Allemande Anke Huber, 5e mondiale. Mais la jeunesse triomphante de Martina Hingis, sacrée pour la première fois, a raison d'elle dans une finale expéditive (6/2, 6/2).

7) 1998, demi-finale de Nicolas Escudé
Nicolas Escudé est 81e mondial quand il se présente à Melbourne. Le Palois ne fait pas partie des favoris, mais il va réussir un parcours en forme d'odyssée. Il franchit d'abord le 1er tour est s'imposant 10/8 au 5e set face au Suédois Magnus Larsson. Puis il crée une première surprise au 2e tour en éliminant Gustavo Kuerten, tête de série n°12. L'Américain Richey Reneberg et l'Allemand Nicolas Kiefer seront eux-aussi vaincus par le Palois en cinq sets. Mais en demi-finales "Scud" est trop fatigué pour rivaliser avec le Chilien Marcelo Rios.(ci-dessous sa victoire la plus "facile" contre l'Australien Todd Woodbridge en huitièmes)
 

8) 2005, demi-finale de Nathalie Dechy
Tête de série n°19, Nathalie Dechy est une valeur sûre du circuit, mais il lui manque une vraie "perf" en Grand Chelem avant cet "AusOpen" 2005. En France, on attend davantage Amélie Mauresmo, tête de série n°2, mais elle se heurte en huitièmes à la future gagnante, Serena Williams. Dechy, elle, s'offre une "perf" aux dépens de la n°3 mondiale Anastasia Myskina avant de venir à bout en quarts de Patty Schnyder, 7/5 au 3e set. On s'attend à ce qu'elle souffre pour sa première (et unique) demi-finale en Grand Chelem face à la n°1, Lindsay Davenport. Mais la Nordiste va frôler l'exploit. Elle passe à deux points de la victoire, et sur le point qui aurait pu lui offrir une balle de match, son coup droit s'arrête in extremis dans la bande du filet.

9) 1990, demi-finale de Yannick Noah
Quand on a gagné Roland-Garros, une demi-finale à l'Open d'Australie ne peut être considéré comme un exploit. Sauf que c'est la seule autre demi-finale en Grand Chelem que compte à son palmarès Yannick Noah ! En fin de carrière à 29 ans, le futur chanteur s'adjoint les services d'un nouveau coach, l'Américain Denis Ralston. Et ça paie : le grand "Yan" bénéficie d'un bon tableau, mais il écarte quand même en huitièmes un jeune prometteur nommé Pete Sampras et en quarts un ancien finaliste de Roland-Garros, le Suédois Mikaël Pernfors. Perturbé par des problèmes personnels comme il l'expliquera plus tard, le Français passe à côté de sa demie contre son grand rival, Ivan Lendl.

10) 2010, demi-finale de Jo-Wilfried Tsonga
Deux ans après sa finale, "Jo" remet ça, ou presque, à Melbourne. Pour la première fois de sa jeune carrière, il dispute et gagne un match en cinq sets : victoire 9/7 au 5e en huitièmes face à l'Espagnol Nicolas Almagro. C'est surtout sa revanche aux dépens de Novak Djokovic qui marque les esprits. Tsonga l'emporte après avoir été mené deux sets à un, mais Roger Federer sera trop fort en demi-finale.

 

Et aussi...
Parmi les faits marquants que l'on n'a pas retenu pour ce top 10, on peut évoquer victoires en double messieurs de Fabrice Santoro et de Michaël Llodra en 2003 et 2004, la demi-finale de Patrick Proisy en simple messieurs en 1973, les succès de Julien Jeanpierre (1998), Clément Morel (2002), Gaël Monfils (2004), Alexandre Sidorenko (2006) et de Virginie Razzano (1999) chez les juniors.