Mathias Bourgue : "C’est la somme de beaucoup d’efforts" | Fédération Française de Tennis

28/07/2014

Mathias Bourgue : "C’est la somme de beaucoup d’efforts"

Mathias Bourgue vient d’enchaîner 30 victoires d’affilée en Futures. A 20 ans. Impressionnant.

Mathias, vous venez de remporter six Futures d’affilée. Réalisez-vous vraiment l’exploit que vous êtes en train d’accomplir ?
C’est génial, je suis très content. Même si c’est sur des tournois Futures, il faut être très rigoureux tous les jours, être constant, savoir se remettre en question car un match n’est jamais gagné d’avance. A chaque fois, c’est une joie d’aller au bout. Même si ce ne sont que des "10 000 dollars", ça fait toujours plaisir de finir vainqueur à la fin de la semaine!
 
Qu’est-ce qu’on a en tête quand on gagne 30 matches d’affilée ?
C’est simple ce que j’ai dans la tête : on a établi un programme de tournois avec mon entraîneur. L’objectif est de tout donner sur chaque match de chaque tournoi. Il sera temps de souffler quand le tournoi de cette semaine (à Cluj Napoca, en Roumanie, NDLR) sera terminé, car en l’occurrence c’est le dernier d’une longue tournée de plusieurs semaines. Je pense surtout tous les jours à remettre le couvert, à faire attention à mes échauffements, à être rigoureux sur le terrain, à être appliqué, à avoir la bonne attitude pour arriver sur les matches avec le plus de certitudes possibles. Savoir que j’ai fait mon boulot tous les jours et que ça se traduit par une victoire à chaque fois, c’est génial. Mais j’en veux encore plus. Je ne suis que 281e au classement mondial, l’objectif n’est pas de le rester. Il faut donc engranger des matches et des victoires, pour aller taper à la porte des 100 premiers et plus si affinités !
 
A quoi attribuez-vous cette série de victoires ?
C’est le travail qui paie, c’est aussi un niveau de jeu qui a augmenté au fil des semaines depuis le début de l’année. J’ai fait une tournée de Challengers en avril, puis j’ai atteint le dernier tour des "qualifs" à Roland-Garros. Ça m’a permis de voir ce que j’étais capable de produire à certains moments contre certains joueurs. Et j’ai vu que lorsque j’étais dans de bonnes dispositions, avec la bonne attitude et en étant prêt au combat, je pouvais avoir de bonnes surprises. Après, c’est un effort à répéter au quotidien. C’est ce qui est train de se produire pour moi ces dernières semaines et j’en suis très content. 
 
Avez-vous changé votre façon de travailler cette année ?
J’ai effectué quelques changements techniques et je mets beaucoup plus d’implication dans tout ce que je fais. J’ai pris conscience de quelque chose. Je ne sais pas s’il y a eu un déclic, mais j’ai eu pas mal de panneaux indicateurs depuis le début de l’année. Du coup, petit à petit, j’ai pris conscience qu’il y avait quelque chose à faire, que j’avais une carte à jouer, que je pouvais voir un peu plus loin que le classement auquel j’étais il y a encore quelques semaines. Ça se traduit par des victoires et j’espère vraiment continuer dans cette dynamique de progrès. 

Y a-t-il des domaines de jeu dans lesquels vous avez progressé plus particulièrement ?
Je me sens bien plus performant en service et en coup droit. Je suis bien plus offensif, je mets plus d’engagement dans tous mes coups et je n’hésite pas à suivre au filet de temps en temps. J’ai vraiment progressé dans le domaine offensif.
 
Ces victoires ont-elles changé vos objectifs ?
Complètement. Vu que je me retrouve à mi-saison dans le Top 300, mon but est maintenant d’avoir un classement qui me permette de participer à toutes les "qualifs" de Grands Chelem en 2015, d’entrer dans les tableaux de Challengers et de jouer des "qualifs" de Grands Prix. A court terme, pour la suite de la saison, on attend de voir si mon classement sera suffisant jouer les "qualifs" de l’US Open. Là, j’ai un dernier Future cette semaine. Mon objectif est d’aller le plus loin possible pour assurer le classement  et attaquer les Challengers à partir de septembre, jusqu’à la fin de l’année si tout va bien.
 
Avez-vous l’impression que vous êtes devenu l’homme à battre ?
J’ai ressenti que mes adversaires doivent en faire plus que ce qu’ils ont l’habitude de faire. Soit ils n’arrivent pas à tenir la distance, soit j’arrive à leur passer devant à un moment donné. C’est plutôt bon signe pour moi, ça prouve que je suis devenu un joueur dangereux.
 
D’un point de vue mental, cela doit apporter beaucoup également…
Ça  fait du bien, c’est la somme de beaucoup d’efforts. Au début, il était très compliqué pour moi de garder une bonne attitude. Au fil des matches, je me suis rendu compte que c’était primordial. J’ai commencé à bien me comporter sur le terrain et cela a joué sur mon niveau de jeu, qui pouvait être moyen en début de tournoi et qui finissait par être très intéressant. Cela m’a ouvert d’autres portes sur le plan mental justement.
 
Votre entraîneur est-il avec vous depuis le début de cette tournée ?
Pas depuis le début. Emmanuel (Planque, avec qui il s’entraîne au Centre National d’Entraînement, NDLR) a d’abord été avec Lucas Pouille sur Wimbledon, puis en stage. Il m'a rejoint ensuite  et est donc avec moi depuis quatre tournois.