11/01/2016 - 15h57

Nouméa, dernière ligne droite avant Melbourne

Créé en 2004, le Challenger BNP Paribas de Nouvelle-Calédonie est devenu une destination prisée sur la route menant au premier Grand chelem de l’année. Au point que certains joueurs préfèrent passer par la case Nouméa plutôt que par les tournois du circuit principal. Explications d’un succès.

"Je suis content d’être revenu ici. J’aurais pu privilégier un ATP 250, mais là j’ai pu faire une semaine complète de matchs. Cela m’a permis de mettre en application de bonne manière le travail physique effectué à l’intersaison." Numéro 47 mondial, Adrian Mannarino n’a pas eu à regretter sa demande de wild-card pour l’édition 2016 du Challenger de Nouméa – les membres du Top 50 doivent en passer par là pour avoir le droit de s’aligner sur le circuit Challenger, à raison d’une seule invitation de ce type par tournoi, mais aussi par joueur, sur l’année. Vainqueur pour la seconde fois en Nouvelle-Calédonie, après 2013, le gaucher francilien a idéalement débuté sa saison en l’emportant au détriment d’Alejandro Falla, un autre ancien vainqueur, en finale (5/7 6/2 6/2).

Comme eux, "beaucoup de nos participants aiment revenir d’une année sur l’autre, estimait en clôture de cette 13e édition Gérard Winter, CTR de la ligue et directeur du tournoi, Ils savent qu’ils trouveront ici des conditions de jeu très similaires à ce qui les attend ensuite à l’Open d’Australie, avec des courts en Plexicushion et de fortes chaleurs. Le bouche-à-oreille doit aussi très bien fonctionner quant à la qualité de l’organisation et nous avons à l’arrivée beaucoup de joueurs passés un jour ou l’autre parmi le Top 50 qui s’engagent ici."

Parmi ces joueurs qui auraient pu viser les épreuves du circuit principal et ont préféré opter pour Nouméa, les présences d’Adrian Mannarino et du tandem Julien Benneteau Edouard Roger-Vasselin – titrés en double pour le retour de "Bennet" à la compétition après 10 mois d’absence – ont été les deux temps forts de l’édition 2016 d’un tournoi qui, par le passé, a couronné deux futurs membres du Top 10 (Guillermo Canas 2004, Gilles Simon 2005 et 2006) et, en double, s’est offert une année les mêmes vainqueurs que le tournoi de Wimbledon (Wesley Moodie et Stephen Huss, 2005).

Prisé des joueurs, le tournoi est aussi un temps fort pour la ligue de tennis calédonienne : avec une centaine de bénévoles mobilisés et plus de 10000 spectateurs en moyenne enregistrés par édition, l’année sportive débute en trombe du côté de Nouméa. Au point que la question d’un changement de statut ne se pose guère : "Je ne pense pas que nous ayons besoin de voir au-dessus de notre dotation à 75000€ plus hébergement, reprend Gérard Winter. Ce qui rend notre tournoi attractif, c’est encore et toujours qu’il est une préparation idéale à l’Open d’Australie. Nos efforts portent donc plutôt sur l’amélioration du site du Ouen Toro. Nous espérons par exemple rénover nos courts, installés en 2011, pour la prochaine édition. Nous réfléchissons aussi à la possibilité de monter une tribune supplémentaire sur le court central à partir des demi-finales pour mieux répondre à l’affluence."

Depuis deux ans, le tournoi est par ailleurs diffusé en live streaming sur Internet. Afin que tous les fans de tennis de par le monde sachent placer Nouméa sur une carte.