
23/02/2012 - 10h50
Open 13 : "Albano est un passionné"
©FFT/ST
A quelques heures du choc entre Albano Olivetti (20 ans, 388e mondial) et Mardy Fish (8e) au 2e tour de l'Open 13, Arnaud Di Pasquale, responsable du haut niveau masculin à la FFT, présente ce grand espoir du tennis national.
Albano joue ce jeudi contre Mardy Fish. Que peut-on attendre de sa confrontation avec le 8e mondial ?
C'est vraiment génial. Il va falloir qu'il se relâche. Il va jouer sur le central. Il ne faudra pas qu'il soit les yeux rivés sur le chrono juste pour voir s'il sert à 250 km/h ou pas. Pour lui, c'est tout nouveau. Il découvre plein de choses. Pour lui, ça sera inoubliable. D'un autre côté, il va falloir gérer ces paramètres. Il doit le prendre comme un truc canon à vivre. C'est un peu les prémices de ce qu'il pourrait vivre – je l'espère – pendant quelques années.
Revenons sur la performance d'Albano Olivetti au premier tour. Comment la jugez-vous ?
Elle est énorme. Il est allé chercher le match. Au-delà de son service, il a très bien joué du fond du court. Il breake deux fois. A 5-4 au premier set, il fait l'effort, il est offensif, il met la pression, il sait que c'est le moment clé. Et c'est le meilleur des deux sur le papier, Bachinger, qui craque. Au début du deuxième set, Albano en rajoute encore un petit peu. C'est là où c'est super costaud car il ne se repose pas sur le gain du premier set. Il prend le break d'entrée en montrant une belle panoplie de coups : retour de revers bloqué, des belles montées profondes sans ouvrir d'angles tout en prenant une place monstrueuse au filet. Il a joué très intelligemment et s'en sort 6/4, 6/3 pour son premier match sur le circuit ATP, chez lui en France, à Marseille. Parfait ! Fabuleux !
Albano possède un profil atypique dans le tennis français ?
Oui, il a été recruté par la Fédération il y a quelques années sur un critère tout simple : sa taille. Il manquait alors de quelques années de tennis derrière lui. Ça se voit encore un petit peu. Je crois qu'il est encore perfectible et c'est ça qui est intéressant. Il mesure 2,03 m. C'est quand même énorme. Il figure parmi les plus grands joueurs du circuit ATP. Il sert entre 220 et 240 km/h en première balle. Et en seconde balle, il tente énormément avec un gros pourcentage de réussite. Ça le rend très difficile à jouer, il donne peu de rythme. Les joueurs en face en ont certainement ras-le-bol à la fin. Son adversaire au premier tour, Bachinger, était un peu désabusé, un peu usé mentalement même, parce qu'il n'arrivait vraiment pas à retourner.
Albano a seulement 20 ans, mais il semble très posé et son projet est déjà très abouti.
C'est essentiel et c'est une des qualités qu'il faut avoir aujourd'hui. Lui, il l'a. Il est passionné. Il adore ça. Il bouffe du tennis toute la journée. Et il en redemande. Il faut même le freiner. C'est un vrai panard, notamment pour son coach Laurent Raymond qui est actuellement en Turquie avec Tristan Lamasine. On voit les progrès aujourd'hui. Laurent était vraiment satisfait ces dernières semaines. Il me disait : "Albano progresse, c'est de mieux en mieux, je sens que ça va passer". Il y avait eu des victoires dans le top 250 mondial. Là, c'est un top 100 tout de suite dans la besace. C'est le premier mais je suis certain que ça ne sera pas le dernier.
Son parcours est assez étonnant car on n'a pas trop entendu parler de lui chez les jeunes. Comment expliquer sa progression ?
Il y a plusieurs raisons à ça. Une progression n'est jamais linéaire. Elle est forcément faite de palier et voilà aujourd'hui il est en plein dedans. Il a mis un peu plus de temps car il a démarré plus tard que les autres. Je crois qu'il lui manquait de l'entraînement, de la frappe de balle. Il a rattrapé tout ça. Et il fait désormais tout un petit peu mieux dans tous les compartiments du jeu. Ce qui fait qu'à la fin, il est capable de rivaliser avec des top 100.