27/01/2016 - 07h48

Open d’Australie : vive l’arbitrage à la française !

Avec neuf représentants à l’Open d’Australie, l’arbitrage français prouve une fois de plus qu’il se porte bien. Reportage.

Toute la quinzaine, il aura flotté comme un parfum français sur Melbourne Park. Et pour cause : neuf arbitres de chaise tricolores ont été choisis pour officier lors du premier tournoi de Grand Chelem de la saison. Cinq Badges d’Or (Pascal Maria, Emmanuel Joseph, Kader Nouni, Pierre Bacchi et Renaud Lichtenstein), deux Badges d’Argent (Arnaud Gabas et Aurélie Tourte) et deux Badges de Bronze (Manuel Absolu, Alexandre Robein). Une telle présence en force vient souligner la bonne santé de l’arbitrage à la française, une french touch enviée à l’étranger.

“Pour nous, c’est le seizième Open d’Australie, expliquent dans un grand sourire Kader Nouni et Emmanuel Joseph. Nous sommes venus pour la première fois en Australie pour les Jeux olympiques et en 2001, nous avons fait notre premier Melbourne !“

Depuis, jurent les deux inséparables : “c’est toujours le même plaisir.“ “Melbourne c’est fort sympathique quand même !, justifie de sa voix de basse si reconnaissable Kader Nouni. C’est le mois de janvier, il fait 40°, il fait beau, les gens sont sympas, l’ambiance est bonne…“

Un système envié

Mais les deux hommes redeviennent vite sérieux, dès lors qu'il s’agit d'évoquer leur passion pour une discipline devenue une vraie marque de fabrique, et la raison de ce savoir-faire made in France. “Parce qu’on a une excellente formation, explique Kader Nouni, et une Fédération qui investit là-dessus. Non mais c’est vrai ! Toutes les fédérations étrangères aimeraient avoir le système que nous avons, parce que la FFT développe beaucoup l’arbitrage et y met les moyens.“

Pascal Maria, devenu au fil des années le chef de file de l’arbitrage tricolore, détaille : “En France, on sait aussi redistribuer pour cela les dividendes d’un tournoi comme Roland-Garros. Sur tous les tournois Futures par exemple, il y a une somme allouée pour l’arbitrage et son développement. Et puis on a de très bons techniciens, beaucoup de personnes, très compétentes, qui s’impliquent.“ Ainsi que la possibilité de faire ses armes sur de nombreux tournois hexagonaux.

Une grande famille

Et le Niçois de poursuivre : “Ce qui est bien, en outre, c’est que les Badges d’or que nous sommes essayons tous de partager nos expériences pour passer le relais à la jeune génération. Ce qui ne se voit pas forcément ailleurs. L’arbitrage, c’est une grande maison, une grande famille et nous-mêmes devenons meilleurs avec les jeunes qui poussent derrière. Moi en tout cas, ça me booste !“

“Le groupe France en arbitrage est assez soudé, particulièrement en Grand Chelem, poursuit en écho Kader Nouni. Et donc du coup, on arrive à vite faire passer le savoir et les ‘bêtises’ que nous avons pu faire sur les premières années, les jeunes ne les refont pas. Je pense que cela fait aussi évoluer pas mal l’arbitrage.“

Une atmosphère bon enfant et une ambiance d’entraide qui se prolongent d’ailleurs bien après les matches. “On se voit tout le temps, dit Emmanuel Joseph. Dès qu’on a fini, on va manger ensemble... ou boire une petite bière (sourire). On parle ensemble, parfois de tennis… un peu !“

Dans les tournois du Grand Chelem, conclut Kader Nouni, on a maintenant cette particularité : on sait qu’on va retrouver une bonne bande de Frenchies, quoi ! Et ça, ça aide à rendre l’événement encore plus cool !“

 

(À Melbourne, Myrtille Rambion)