Paratennis : rencontre avec Charlotte Fairbank | Fédération Française de Tennis

14/03/2019

Paratennis : rencontre avec Charlotte Fairbank

Para Tennis

Voyages, tennis, études de droit… À 27 ans, Charlotte Fairbank – polyglotte confirmée – mène une vie bien remplie ! La joueuse du TC 12 Bercy (Paris/Île-de-France) nous parle de ses passions et des causes qui l’inspirent. La parole est à la future avocate.

 

Globe-trotteuse – "En 2010, je suis partie faire des études de droit en Angleterre. J’ai aussi passé une année en Italie pour étudier le droit local – après mon accident, j’avais passé pas mal de temps à Florence, dans un centre de rééducation, d’où mon choix. Après l’université, je suis partie à Bristol, dans l’ouest de l’Angleterre, et j’ai travaillé dans un cabinet de droit médical pendant deux ans et demi. À l’été 2016, j’avais envie de partir six mois à l’étranger faire du volontariat. Je souhaitais apprendre l’espagnol. Je me suis dit : “Pourquoi pas l’Argentine ?”. Au final, j’y suis restée cinq mois de plus que prévu…"

 

Joueuse passionnée – "Lorsque je suis partie en Argentine, j’ai pris mon fauteuil de tennis avec moi. J’avais déjà commencé à jouer. Pas beaucoup, mais j’adorais ça. Je me suis entraînée aux côtés de l’équipe nationale argentine de tennis-fauteuil. En décembre 2016, je m’y suis mise à fond. Le coach m’a proposé de rejoindre leur équipe à temps plein pour m’entraîner avec eux. J’ai alors commencé à réfléchir à une carrière professionnelle dans le tennis. Je suis rentrée en France en mai 2017. Après avoir recherché des clubs, j’ai d’abord joué dans les Yvelines, puis au TC 12 à Bercy."

 

Le droit médical pour métier – "Aujourd’hui, je fais des études à distance avec une université anglaise pour devenir avocate, d’ici deux à trois ans. J’espère commencer les stages bientôt. J’ai beaucoup aimé travailler dans un cabinet de droit médical. En Angleterre, ce droit comporte deux facettes : la première consiste à trouver de l’argent comme compensation pour les accidentés de la route ou du travail, des personnes qui deviennent paraplégiques ou autre. L’autre partie tourne autour des procès de médecins qui ont commis des erreurs médicales, des négligences. Lors de mon stage à Bristol, j’étais plutôt spécialisée dans cet aspect-là. À travers mon histoire, je me trouvais assez bien placée pour parler aux clients. Mon passé était directement lié à ce qu’ils ressentaient. C’était aussi hyper intéressant, car j’adore la médecine. Après mes études de droit, j’avais voulu “switcher” vers médecine. Mais cinq ans d’études en plus, ça me paraissait un peu long… Le droit médical était un bon compromis. J’apprends énormément en médecine à travers le droit. Dans 10 ans, je me vois bien dans ce secteur."

Combat - "L’accès des lieux publics aux personnes handicapées est un travail indispensable à mener, une réelle nécessité. Il y a tellement de retard en France, par rapport à l’Angleterre ou l’Espagne… Je comprends qu’il soit compliqué de rendre le métro accessible, à Paris, par exemple. Mais j’espère que d’ici à 2024 il y aura un vrai changement."

 

Propos recueillis par Emmanuel Bringuier