10/02/2017 - 10h32

Que sont-ils devenus ? Avec Charles Roche...

A 33 ans, Charles Roche, qui s’entraînait avec Gasquet à Roland-Garros en juniors, est toujours dans le milieu du tennis. Co-entraîneur d’un jeune joueur prometteur Louis Chaix, il a aussi créé un tournoi à Rouen, qu’il espère voir un jour labelliser Challenger.

Le 13 novembre dernier, Charles Roche n’était pas à Strasbourg pour soutenir l’équipe de France en finale de la Fed Cup. N’y voyez pas de désintérêt, bien au contraire. Il a cherché à allumer la télévision dès qu’il est entré au club-house du TC Rouen, là où nous avions fixé notre rendez-vous ce dimanche-là. L’écran est hélas resté noir mais la conversation a bel et bien tourné autour du tennis, sa passion, sa vie. Depuis que Charles Roche est tombé dedans à 8 ans, il n’en est plus jamais sorti. L’ancien n°1 tricolore chez les juniors est devenu directeur d’un tournoi qu’il a créé ex-nihilo en 2014. Une compétition de 3 jours qui a eu lieu, en septembre, au Kindarena de Rouen, une immense salle où il a pu réunir plus de 5000 spectateurs grâce à un plateau de choix : Paul-Henri Mathieu, Benoît Paire, Tommy Robredo ou encore Edouard Roger-Vasselin…

"J’espère réussir à faire de l’Open de Rouen BNP Paribas un Challenger a minima", confie le trentenaire au regard bleu cristallin.

Il s’est offert le scalp de Nadal

C’est qu’il en a joué des Challengers, Charles Roche. Détecté dès l’âge de 11 ans, ce natif de Seine-Maritime a fait son entrée sur le circuit professionnel à 17 ans, aux côtés d’Edouard Roger-Vasselin, né comme lui en 1983 et de… Richard Gasquet, de 3 ans son cadet.

"J’ai été dans le groupe Espoirs au Centre National d’Entraînement à Roland-Garros pendant deux ans avec eux mais je n’ai pas percé sur le circuit pro et je n’ai pas été conservé", se souvient le droitier qui s’est quand même offert le scalp de Rafael Nadal, en 2001, en Espagne, quand le futur Roi de Roland-Garros était encore adolescent. Mais alors qu’il n’avait pas encore 20 ans, Charles Roche a perdu son papa. Le tennis est vite passé au second plan et les blessures se sont accumulées.

"Et puis, il faut être lucide, j’étais un très bon compétiteur mais je n’avais pas les armes pour m’imposer à très haut niveau", raconte le Rouennais, joueur complet "mais plutôt contreur".

Sparring-partner de Dimitrov

Titulaire d’un Bac ES, il décide de débuter des études de STAPS au CNUT (Centre National Universitaire de Tennis) de Rouen tout en continuant à s’entraîner. Il décroche une licence et décide de retenter sa chance sur le circuit mondial. "J’avais pas mal progressé. J’avais envie de retenter le coup, de voyager, avec un peu plus de maturité, de certitudes."

Pour financer ses tournées, le droitier se « vend » comme sparring partner à l’académie Mouratoglou. Il tape la balle avec Baghdatis, Dimitrov, Rezai… Pendant 2 ans, de 2005 à 2007, Charles voit du pays, dispute deux finales en Futures (en Tunisie et en Géorgie) et se classe parmi les 600  meilleurs joueurs de la planète puis se recentre sur le circuit national des grands tournois et se maintient pendant 6 ans dans le top 50 français.

"Quand j’ai senti que cela devenait plus difficile, j’ai repris mes études en parallèle". A 30 ans, il s’inscrit en Master marketing et management à la fac. Il valide son année en organisant la première édition de l’Open de Rouen en 2014.

Aujourd’hui, l’organisateur est toujours joueur (-4/6). Mais il n’a pas eu le temps de faire des tournois en 2016. "Il va falloir que je fasse une trentaine de matchs en 2017 sinon je vais redescendre au classement".

En fait, c’est la progression de Louis Chaix, 21 ans, qui le préoccupe bien plus que la sienne. Depuis deux ans, le Rouennais est son protégé. "Son projet m’intéresse. Je me retrouve en lui au même âge. J’ai aussi envie de transmettre".

Classé 1 410e à l’ATP, Louis Chaix a pour objectif de disputer les qualifications des Grands Chelems. Charles, lui, le co-entraîne et le suit un peu partout en espérant le voir éclore. "Mes priorités sont Louis et l’Open", précise celui qui se définit comme un "affectif".

En 2017, « son » poulain devrait être à l’affiche de « son » tournoi à Rouen. Charles planche d’ores et déjà sur l’organisation de la 4e édition.

Sylvie Marchal

Repères
33 ans
Meilleur classement ATP : 560e le 5 mai 2008
Meilleur classement français : N°45 en 2012
Classement actuel : -4/6
Club : TC Rouen
Prize-money : 22 968 dollars

La rubrique "Que sont-ils devenus" est disponible chaque mois dans le mensuel Tennis Info