Toronto : Jo-Wilfried Tsonga, roi du Canada ! | Fédération Française de Tennis

10/08/2014

Toronto : Jo-Wilfried Tsonga, roi du Canada !

Jo-Wilfried Tsonga a battu Roger Federer en finale à Toronto (7/5 7/6(3)). Grâce à cette quatrième victoire de la semaine sur un membre du Top 10, le Manceau a remporté le second Masters 1000 de sa carrière, après le BNP Paribas Masters en 2008. Magistral.

Un carré d’as abattu et Jo-Wilfried Tsonga emporte la mise. Le carré d’as, ce sont les quatre membres du Top 10 mondial battus à la suite par le Manceau durant sa semaine de rêve à Toronto : Djokovic (n°1), Murray (n°9), Dimitrov (n°8) et enfin Roger Federer (n°3). Et la mise, c’est ni plus ni moins que le trophée du Masters 1000 canadien, son deuxième triomphe dans un tournoi de cette catégorie, près de six ans après le BNP Paribas Masters millésime 2008.

Sur la lancée de ses victoires sur ses bêtes noires serbes et écossaises, Tsonga avait réservé sa meilleure partition pour la fin, mélange parfaitement dosé de force et de souplesse. Force bien connue de son premier service dévastateur (94% de réussite) et de son coup droit massue (26 points gagnants au total) ; souplesse toute nouvellement acquise de ses déplacements, lui valant quantité de contres en bout de course réexpédiés pleine puissance, ainsi que tonicité à la relance... au point d'empêcher Federer de frapper le moindre ace avant le milieu du deuxième set !

Dans ce duel d’excellents serveurs, où les engagements de moins de deux minutes ont été monnaie courante, le Suisse a perpétuellement évolué sur un fil, cramponné à sa première balle et à ses audacieuses montées à contretemps. Mais à 6-5 en faveur de Tsonga, quelques instants après que le Français a magistralement effacé un 0-30 sur son engagement, la première balle de break de la partie a été la bonne : attaque de coup droit de Federer largement dans le couloir, la moitié du chemin était faite pour "Jo", dont l'opportunisme aura été une autre des grandes vertus cette semaine.

Toujours impressionnant de force brute, le protégé de Thierry Ascione et Nicolas Escudé n’a pas relâché l’étreinte dans la seconde manche. Dominé à l'échange, Federer a plusieurs fois retardé l’échéance, à 3-2 (une balle de break sauvée) puis 4-3 (quatre effacées en multipliant les montées au filet) et encore 5-4 (une balle de break qui était aussi une balle de match, sur laquelle le Français a commis la faute en premier). Mais puisque ce dernier ne baissait pas de rythme au service (sur 70 points disputés sur son engagement, il n'en aura perdu au total que 15, dont deux doubles fautes), c’est bien Federer qui s'est trouvé sous pression au jeu décisif, où sa première petite faute en longueur, à 3-3, a aussitôt pris des allures de fossé… cette fois impossible à combler.

La première balle de match a été la bonne pour un Jo-Wilfried Tsonga comme incrédule, les bras sur la tête, arpentant les quatre coins du court le visage illuminé d’un gigantesque sourire. "Je ne réalise pas vraiment ce que je viens de réussir, a t-il ensuite déclaré. C'est un bel exploit car j'ai travaillé très dur pour revenir après ma blessure au genou, l'an dernier. Je suis content d'être là, devant vous, à tenter d'expliquer comment j'ai fait pour gagner ce tournoi." En une semaine, tous les doutes accumulés ces derniers mois ont été balayés d'un retour de revers gagnant. Le vainqueur 2008 du BNP Paribas Masters tient son deuxième trophée en Masters 1000, a (re)trouvé un niveau de tennis exceptionnel, s’assure de réintégrer dès lundi le Top 10 mondial… et envoie un message clair à tous ses rivaux en vue de l'US Open : il est de retour à la table des prétendants.

(G.W.)