23/02/2016 - 12h30

Tribune de Jean Gachassin, président de la FFT : 'Bien sur mes appuis'

Le président de la Fédération Française de Tennis, Jean Gachassin, prend la parole.

Bien sur mes appuis

Il est temps que je sorte de mon silence et que je rétablisse la réalité des faits. Pour ceux qui n’ont pas tout suivi, je dois dire qu’on m’accuse tour à tour depuis une semaine d’être au choix un fêtard, un naïf entouré de rapaces, ou à l’inverse un Président qui ferait régner la terreur et couperait les têtes à tous ceux qui auraient le front de s’opposer à lui.
 

Il y a trois semaines, a été prise la décision de se séparer du Directeur général de la FFT. Pourquoi ? En raison notamment d’un manque de loyauté. Celui qui occupe ce poste est au service de notre sport et travaille sous l’autorité des élus ; il ne peut suivre son agenda personnel. Depuis, par le plus grand des hasards, un grand déballage, dont je suis la cible mais pas la seule, a commencé.
 
Je dois faire acte de contrition et le reconnaitre avec honnêteté : je ne suis pas parfait. Parmi mes défauts, je suis généreux et passionné ; j’aime les plaisirs de la vie ; je fais confiance à la nature humaine et n’abusant de personne, je ne pense pas que l’on puisse tenter d’abuser de ma confiance. 
 
De mes écarts et de mes maladresses, je m’en suis ouvert devant notre assemblée générale mi-février : j’ai permis à des personnes d’acheter directement auprès de la Fédération, des places pour Roland-Garros sans me soucier des conditions de leur utilisation finale. C’était il y a 5 ans. En tant que Président, je dois être exemplaire et j’ai manqué de discernement. Mais il n’y a évidemment eu aucun enrichissement, pas de double billetterie, le système électronique qui a été mis en place depuis 2012 en est le garant. 
 
Quant à mes frais de représentation, ils sont transparents, vérifiés par le commissaire au compte et votés chaque année par l’Assemblée générale. Il est vrai que, plutôt que d’habiter à Paris, j’ai fait le choix de continuer d’habiter dans ma ville natale.
 
Il est exact aussi qu’une de mes connaissances a tenté de faire croire à une entreprise de BTP qu’il pouvait lui vendre ma prétendue influence dans l’attribution du marché du nouveau Roland-Garros. Je ne suis en rien responsable de la malhonnêteté d’un tiers, et le rendez-vous que j’avais accepté en toute ignorance, bien avant l’appel d’offre, ne me rend pas coupable de quoi que ce soit. J’ai fermement souhaité que la compétition se déroule de façon exemplaire sous contrôle et jusqu’à la décision d’une commission d’appel d’offres, constituée pour la circonstance et dont je ne faisais pas partie.
 
Enfin, le troisième grief est adressé à la Fédération plus qu’à moi-même : celle d’une complaisance coupable à mon endroit. Aucun de mes actes ne relevant du droit pénal, les élus ont fait le choix de me conserver à leur tête après m’avoir entouré de leurs conseils et après avoir renforcé ensemble les procédures de décision et de contrôle. Une enquête de notre Ministère de tutelle est actuellement en cours au sein de la FFT, et je ne doute pas que les inspecteurs arriveront aux mêmes conclusions, celles de quelques maladresses, mais d’aucune malhonnêteté.
 
Mon mandat court jusqu’en février 2017 et, fort de la confiance des élus fédéraux, j’entends poursuivre mes missions autour de ces quatre priorités :

· poursuivre selon le planning prévu les travaux de modernisation du stade Roland-Garros,

· développer la pratique du tennis en France,
· donner aux capitaines des équipes de France masculine et féminine les moyens de remporter la Coupe Davis et la Fed Cup 2016,
· réussir la prochaine édition des Internationaux de France dans un stade Roland-Garros en pleine transformation.
 
Que restera-t-il de cette tempête dans un verre d’eau ? Beaucoup de bruit pour rien, mais une Fédération qui a été un moment fragilisée. C’est bien solide sur mes appuis qu’avec l’ensemble des dirigeants du tennis français nous ferons bloc au service de notre sport pour continuer sa marche en avant.