29/03/2016 - 18h30

Vincent Millot : "Roland-Garros est un gros objectif"

 

Actuel 155e mondial, Vincent Millot a réalisé une tournée américaine prometteuse avec notamment un deuxième tour à Indian Wells. A 30 ans, le Dijonnais joue son meilleur tennis et ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Vincent, vous sortez d’une belle tournée américaine, avec notamment un deuxième tour à Indian Wells (battu par Jo-Wilfried Tsonga, 7/5, 6/1). Comment vous sentiez-vous ?

Plutôt pas mal ! C’est toujours plus facile de revenir d’une tournée comme ça, avec de bons résultats. A Miami, même si je perds le match contre Marcel Granollers (lors du 1er tour des qualifications, 6/4, 6/3, ndlr), c’est du 50/50. Je dirige le match complètement, j’ai quasiment 12 balles de break. Malgré le score, malgré la défaite, c’était très accroché. C’était un peu dans la continuité d’Indian Wells. Donc je suis très satisfait de ma tournée, même si j’aurais aimé faire encore mieux.

A Indian Wells, le match contre Jo-Wilfried Tsonga a été d’un très bon niveau, notamment au cours du premier set.

Oui, c’est dans la continuité de ce que je fais depuis deux mois. Lors du 1er set,  je pense que je n’ai pas été assez récompensé. J’ai vraiment eu l’occasion de gagner cette manche, je me sentais en pleine forme. Après au second, il s’est libéré et ça s’est mal goupillé pour moi.

Cela vous donne de la confiance…

C’est top, car mentalement ça fait du bien. Je connais mon niveau, j’avais déjà joué plusieurs joueurs du Top 10 et j’avais bien rivalisé. C’est très réconfortant. Je suis dans une période prospère où j’enchaîne les victoires. C’est très positif pour le reste de la saison.

Quel est va être votre programme désormais ?

Je pars sur des Challengers, puis j’attaque la préparation sur terre battue pour Roland-Garros. Je joue bien, je suis en pleine confiance. Je veux arriver le mieux classé possible pour Roland, qui est un très gros objectif. Il me reste un mois et demi pour grappiller un maximum de points et pour arriver avec un maximum de confiance. La terre battue, ça se prépare. Même si les résultats n’arriveront pas tout de suite, il faut enchaîner les matchs.

Quelle est votre structure ?

Avant, j’étais appuyé par la Ligue de Bourgogne. J’avais une petite structure, mais je n’avais pas quelque chose de fixe avec un entraineur particulier. Aujourd’hui, les choses ont un peu changé, je m‘entraîne en Belgique, avec Daniel Meyers. Et pour l’instant, ça paye.

Cela fait longtemps que vous tournez autour du Top 100 sans l’intégrer. Quel est le détail qui peut faire la différence ?

Je pense qu’il me manquait un peu de rigueur. J’avais un programme qui n’était pas forcément juste et cohérent. Je ne faisais pas les bons choix aux bons moments. Je me fixais peut-être plus par rapport au confort qu’aux besoins. Je privilégiais les surfaces et les endroits où j’aimais bien jouer, alors qu’il aurait fallu peut-être privilégier d’autres options. J’ai sans doute cédé à la facilité, inconsciemment... Mais depuis une petite année, je me suis réellement posé les bonnes questions. J’ai démontré que j’avais le niveau pour être dans le top 100, en battant régulièrement des joueurs du top 100, voire mieux. Mais l’important reste de s’inscrire dans la continuité en engrangeant des victoires. Donc depuis le début de l’année, je suis parti sur un objectif complétement différent. Je me suis dit que je devais prendre ma carrière à deux mains : soit je décidais d’arrêter, soit je faisais les choses à 100%, en faisant tous les sacrifices possibles et imaginables, ne serait-ce que par rapport à ma famille, mon bébé. Je souhaite moins me positionner sur le confort que sur ma carrière.

Il y a eu un déclic ?

C’est difficile à dire, mais le fait d’être papa m’a fait prendre conscience de certaines choses. Le fait d’avoir un peu plus de responsabilités… Je me suis dit ‘voilà, il faut arrêter de jouer à moitié’.

Quels sont vos objectifs ?

Jouer le grand tableau à Roland et intégrer le top 100. Mais surtout y rester. J’espère y être le plus rapidement possible, mais évidemment, c’est difficile (il est 155e cette semaine). Si je n’y suis pas après l’été, je ne vais pas m’inquiéter. Mon plan est désormais de m’inscrire dans la durée.

Vous jouez votre meilleur tennis à 30 ans. Cela vous surprend-il ?

A notre époque, beaucoup de joueurs jouent leur meilleur tennis plus tard. Regardez Federer… Bon forcement, je ne suis pas au même niveau, mais le tennis a évolué. Les joueurs atteignent leur maturité tennistique plus tardivement. « Djoko » est injouable aujourd’hui alors qu’il a 28 ans, pas 23. Physiquement, je suis très bien. Je m’intéresse à tous les détails. Justement, je n’ai plus 20 ans donc je fais attention à ce que je mange, aux périodes de repos. Désormais, je privilégie mon corps. Si mon corps ne suit pas… J’aurais aimé avoir cet état d’esprit avant, mais le fait d’être papa m’a vraiment mis un coup. J’ai déjà vécu une belle carrière. Mais je veux m’inscrire dans la longueur et montrer de quoi je suis capable. Je sais que j’ai le talent, reste à le prouver tous les jours. Et ce sont les petits détails qui font la différence.