13/01/2016 - 11h25

Yann Arthus-Bertrand : ''Protéger la vie sur terre, notre vie''

Photographe et réalisateur, l’écologiste français Yann Arthus-Bertrand évoque la stratégie environnementale de la FFT et son engagement pour la planète. Échanges.

Entre 1984 et 2000, vous avez réalisé plusieurs livres de photographies à Roland- Garros. En quelles circonstances ?
Avec les organisateurs du tournoi, nous avions inventé un concept: on réalisait un beau livre d’images qui sortait deux jours après la fin de l’événement. Les pages étaient montées au fur et à mesure que l’épreuve avançait. J’adorais faire ça. C’était une belle aventure, avec la collaboration des meilleurs photographes de tennis. Je m’en souviens comme d’un moment de partage avec eux.

Depuis 2008, la FFT a fait du développement durable l’une de ses priorités. En tant
que président de “GoodPlanet”, cela doit vous réjouir...
Si Roland-Garros peut servir d’exemple, c’est génial! Mais j’ai toujours un sentiment d’insatisfaction, je trouve qu’on n’en fait pas assez. Les grands événements sportifs comme les jeux Olympiques, la Coupe du monde de football ou le Tour de France, n’ont pas encore pris la mesure de ce qu’ils peuvent faire en termes de développement durable. Ils ont un tel pouvoir de médiatisation qu’il est étonnant qu’il n’y ait pas de réflexion menée dans ce domaine. J’aimerais qu’ils prennent conscience de leur force pour aider à protéger la vie sur terre, notre vie.

Justement, Roland-Garros est devenu le premier événement sportif français certifié ISO 20121...

J’ai envie de dire que c’est normal et bravo! C’est bénéfique pour le tournoi et la Fédération. C’est un pas en avant pour l’environnement et... j’espère qu’il y en aura d’autres. Sur le projet du Nouveau Roland-Garros,
la FFT vise la certification BREEAM, option “very good”.
Toute construction qui sort de terre aujourd’hui doit viser cette certification, et je me réjouis que la Fédération Française de Tennis affiche cette ambition pour la modernisation de son stade.

La journée mondiale de l’environnement coïncide avec Roland-Garros, où, à cette occasion, on peut vous croiser. C’est une belle vitrine pour la défense de la planète ?
Oui, je suis très sensible à ce qui se fait autour de cette journée pendant Roland-Garros. Je sais qu’il est très difficile de planifier des actions pendant un tel événement, qui est là avant tout pour donner du plaisir en termes de spectacle. Je reconnais que des initiatives sont prises! Mais je formule aussi des vœux... J’aimerais par exemple que, lors de cette journée, tous les repas servis soient bio, que toutes les voitures utilisées par Roland-Garros soient électriques, que le public et les joueurs privilégient davantage des modes de transport doux, en consommant différemment... Enfin (rire), j’adorerais avoir un espace dans les allées du stade pour expliquer notre engagement et ce que nous faisons pour la planète.

Quelques mots sur votre film Human ?
C’est une œuvre engagée, qui permet d’embrasser la condition humaine et de réfléchir au sens de notre existence. C’est un film important dans lequel j’avais envie de mettre notre humanité au-dessus de nos craintes.

Jouez-vous au tennis ?
J’ai beaucoup joué autrefois. J’ai 70 ans et j’ai un peu mal partout (rire), alors pour espérer m’y remettre...