23/02/2016 - 09h46

Yannick Jankovits : ''Les Grands Chelems, c’est un rêve de gosse''

A 29 ans, Yannick Jankovits, n°26 français, joue le meilleur tennis de sa carrière. Vainqueur puis finaliste de deux tournois Futures disputés ces deux dernières semaines en Israël, l’actuel 270e mondial rêve d’intégrer le Top 200 et de disputer pour la toute première fois des qualifs de Grand Chelem.

Après un début d’année difficile, vous venez d’enchaîner un titre puis une finale en Futures. Racontez-nous ces deux semaines en Israël…
En fait, au moment de préparer la saison, j’étais parti pour disputer des Challengers puis les qualifs des ATP 250 de Montpellier et Marseille. Mais les règles ont changé, les qualifications des tournois du grand circuit sont passées à seulement seize joueurs, et du coup je ne suis pas rentré dans les tableaux. C’est pourquoi j’ai décidé d’aller disputer des Futures en Israël, car je voulais jouer en extérieur. L’indoor, j’y ai de moins bons résultats. En arrivant en Israël, je n’étais pas trop en confiance mais je me sentais bien physiquement et mentalement. En fait je jouais bien à l’entraînement mais il fallait concrétiser en match. J’ai eu un premier tour difficile, contre Laurent Lokoli, puis au fur et à mesure j’ai pris confiance et joué de mieux en mieux.

C’était votre onzième titre en Futures. Ça signifie quoi pour vous ?
C’était seulement un 10 000 $, mais ça donne confiance. Ça prouve que le travail paie et que je suis au niveau. J’ai bien sûr un petit regret d’avoir perdu la finale la seconde semaine (contre l’Israélien Amir Weintraub), mais avec les doubles c’était mon quinzième ou seizième match en deux semaines, et même si le physique est mon point fort, c’est au niveau concentration que j’ai un peu accusé le coup.

Parlez-nous un peu de votre structure.
Je n’ai aucune aide. Je m’entraîne chez moi à Hyères, avec mon père et des sparrings, et en parallèle je fais du cross fit. Financièrement, ce n’est pas évident, quand vous gagnez un 10 000 dollars, le prize money est de 1500 dollars. Avec l’avion, l’hôtel et la nourriture, il ne reste pas grand-chose.

Vous pratiquez votre meilleur tennis à 29 ans. C’est plutôt atypique, non ?
Oui, mais c’est mon parcours qui est atypique. J’ai passé le Brevet d’Etat à 20 ans, puis j’ai enseigné le tennis pendant trois ans. Je ne me suis vraiment lancé sur le circuit que sur le tard, car c’était compliqué financièrement. Enseigner et disputer des tournois français, c’est plus rentable. Mais je n’avais pas envie d’avoir de regrets, alors j’ai tenté.

Quels sont vos objectifs à court terme ?
J’aimerais continuer à progresser, et passer la barre du Top 200. Et puis disputer les qualifs des Grands Chelems, c’est un rêve de gamin. Celui qui me fait le plus rêver, c’est l’US Open. Par le passé j’ai été sparring de Fabrice Santoro et de Cyril Saulnier, et ils m’en ont parlé. C’est tellement immense.

Que vous manque-t-il encore pour disputer ces Grands Chelems ?
Déjà je n’ai pas eu de chance, car cette année j’ai raté l’Australie d’une place ! Et c’était pareil l’année dernière pour Wimbledon et l’US Open, j’étais quatre et cinq dehors. A moi d’être plus constant, et de ne plus seulement bien jouer par moments. J’ai déjà atteint des demi-finales en Challenger, et parfois j’ai perdu de justesse contre des mecs classés aux alentours de la 150e place. Eux ont une base de jeu plus élevée. A moi de gagner en confiance, et j’espère bien être de la fête à Roland-Garros.
 

Arthur Pralon