Arbitrage : Aurélie Tourte, une femme sur la chaise | Fédération Française de Tennis

Arbitrage : Aurélie Tourte, une femme sur la chaise

Arbitre française la plus gradée puisqu’elle a obtenu son badge d’argent fin 2014, la jeune femme de 31 ans parcourt le monde au gré des tournois. Portrait. 

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Entre Aurélie Tourte (à gauche sur la photo) et l’arbitrage, le coup de foudre n’a pas été immédiat.

« Moi j’aimais beaucoup participer à des tournois ou disputer des matchs par équipes avec mon club de Plaisir (Yvelines), explique l’intéressé alors classée 5/6. J’ai découvert l’arbitrage via l’ ITF Futures organisé par le TC Plaisir et lors des rencontres par équipes. Sans être complètement séduite ».

Agée d’un peu plus de 20 ans à l’époque, Aurélie va être prise en mains par deux arbitres, qui lui donnent l’occasion d’officier à Deauville puis lors du Challenger ATP de Rennes. C’est le déclic.

« J’ai pu voir des arbitres pro évoluer, ça a commencé à plus m’intéresser. Au fur et à mesure, encouragée par Maryvonne Ayale, Présidente de la CRA (Commission Régionale de l’Arbitrage) de la Ligue des Yvelines, je me suis prise au jeu et j’ai commencé à passer mes diplômes ».

L’an passé, Aurélie a arbitré pendant 26 semaines (Roland-Garros, US Open, Monte Carlo, sur des ATP 250, le circuit WTA, des ATP Challengers) pour un total 210 matchs sur la chaise. Ce qui lui a valu d’obtenir le fameux Badge d’Argent en décembre dernier.

« Je l’ai pris comme une fierté mais pas forcément comme une surprise car j’avais arbitré pas mal de rencontres et obtenu de bonnes évaluations ».

En 2015, son programme s’annonce tout aussi chargé avec d’ici le mois de juin : Feucherolles, une Fed Cup en Suède puis Marseille, Acapulco, Monterrey, une pause en mars, le Challenger de Saint-Brieuc, Monte Carlo, Marrakech, Aix-en-Provence, Strasbourg (WTA) puis Roland-Garros. Avec un objectif clair : faire connaissance avec les joueurs et joueuses du Top 10 : « Je ne les connais pas, eux non plus. Donc il va falloir apprendre à leur parler, à « s’apprivoiser » ».

Des remplacements comme infirmière

Malgré un planning aussi lourd, des frais (voyages, hôtels, nourriture parfois les tenues) totalement pris en charge, Aurélie n’a pas encore fait le choix du professionnalisme. Infirmière de formation, elle profite des forts besoins dans les hôpitaux franciliens pour effectuer des remplacements lorsque l’arbitrage lui en laisse le temps. Forcément, au quotidien, les voyages ne sont pas évidents à gérer.

« C’est sûr que mon appartement me sert davantage de garde-meubles, sourit la jeune femme de 31 ans qui vit toujours à Plaisir. Et puis en tant que femme, c’est très compliqué à concilier avec une vie de famille. Mais maintenant que je suis l’arbitre française la plus gradée, j’ai envie de voir où tout cela peut me mener. Car il n’y a eu que 2 Françaises badge d’Or au cours de l’histoire (Anne Lasserre et Sandra de Jenken)».

Parmi les qualités requises, elle cite pêle-mêle une excellente vue, une bonne communication avec les joueurs et le public mais aussi le fait de savoir prendre des décisions rapidement. Et surtout un caractère affirmé. Pas évident : « Faire la promotion de l’arbitrage féminin est compliqué en France comme ailleurs. Car il faut trouver sa place dans un monde masculin. Mais on apprend sur soi-même, on découvre des pays, des gens, des façons de vivre. Si c’est une passion, il faut s’accrocher ».

Car cette passion a permis à Aurélie de vivre des moments forts comme lors des JO de Londres en 2012 où elle fut juge de ligne lors des 5 finales ou encore de se retrouver sur la chaise lors de la finale du double mixte sur le central de Roland-Garros en 2013.

B. B.