
1990 : Edberg en patron
Le n°1 mondial Stefan Edberg s'impose enfin à Bercy.
17/10/11 - 18:27
Le cinquième Open de Paris se déroule du 29 octobre au 4 novembre. Le tableau comprend quarante-huit joueurs, contre trente-deux les années précédentes, les seize têtes de série étant exemptes du premier tour. Le montant des prix s’élève à deux millions de dollars, le vainqueur recevant 1 434 000 francs.
Le niveau de participation monte encore d’un cran. Le dernier des trente-sept joueurs admis directement dans le tableau final, qui est justement un ancien vainqueur de l’Open de Paris, l’Américain Tim Mayotte, figure à la 38e place du classement mondial. Il ne manque, en fait, parmi les tout meilleurs que le seul Andre Agassi.
Les vainqueurs des quatre tournois du Grand Chelem 1990, Ivan Lendl (Open d’Australie), Andres Gomez (Roland-Garros), Stefan Edberg (Wimbledon) et Pete Sampras (US Open) figurent parmi les engagés.
Disputées pour la première fois au City Form Forest Hill de Nanterre, les « qualifs » sourient à Patrick McEnroe, Kevin Curren, Jim Grabb, Michael Stich et aux Français Guillaume Raoux et Eric Winogradsky. Les wild-cards sont attribuées à Mats Wilander, Fabrice Santoro, Yannick Noah et Thierry Champion.
Le nombre de joueurs et donc de matches a conduit à l’installation d’un troisième court dans la salle Marcel Cerdan, ce qui a obligé le « Hameau » à déménager. Deux fois plus grand, le nouveau « Hameau » recrée le décor de la toute proche Halle aux vins. Les Suisses sont les premiers à créer la sensation, Jakob Hlasek éliminant John McEnroe et Marc Rosset se chargeant de Michael Chang. Le Français Guillaume Raoux, 134e joueur mondial, frappe encore plus fort. Il sort l’Américain Pete Sampras, récent vainqueur de l’US Open.
Pour sa première participation à l’Open de Paris, Ivan Lendl ne passe qu’un petit tour et puis s’en va… victime du Suédois Jonas Svensson. Toutes ces péripéties n’empêchent pas les têtes de série n°1 et 2 du tableau, Boris Becker et Stefan Edberg, de se retrouver dans une finale rêvée. Leur rivalité pour la place de n°1 mondial, occupée par le Suédois depuis le mois d’août, ajoute encore du piment à un choc devenu classique.
Malheureusement, l’affrontement tourne court. À 3-2 en sa faveur au premier set, Boris Becker fait déjà appel au soigneur pour un point douloureux à la cuisse gauche. On ne le sait pas encore mais la blessure est sérieuse : déchirure du quadriceps. L’Allemand abandonne au début du septième jeu, au moment de servir. La finale n’a duré que trente-huit minutes !
Le dépit du public est à la mesure de la ferveur démontrée toute la semaine : 97 679 spectateurs, 6 000 de plus qu’en 1989 (année record), ont répondu à l’appel.
L’Open de Paris est aussi le moment choisi par la Fédération Française de Tennis pour annoncer la nomination de Yannick Noah au poste de capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. « Il y a déjà longtemps que je suis un peu le grand frère des autres joueurs de l’équipe. Je crois pouvoir exercer une certaine influence », commente le nouveau capitaine qui a été éliminé dans le tournoi par l’Américain Aaron Krickstein.