
1996 : Enqvist l’héritier
Après Stefan Edberg, Thomas Enqvist est le deuxième Suédois vainqueur au POPB.
17/10/11 - 17:56
Le onzième Open de Paris se déroule du 28 octobre au 3 novembre. Le tableau compte quarante-huit joueurs, les seize têtes de série sont exemptes du premier tour. Le montant des prix s’élève à 2 550 000 dollars, le vainqueur en recevant 393 000.Le niveau de participation est tout simplement exceptionnel, puisque le dernier des trente-sept joueurs admis directement dans le tableau au moment du « cut » est le Tchèque Daniel Vacek qui pointe au… 37e rang du classement ATP.
Les vainqueurs des quatre tournois du Grand Chelem 1996 sont présents à l’Open : Boris Becker (Open d’Australie), Yevgeny Kafelnikov (Roland-Garros), Richard Krajicek (Wimbledon) et Pete Sampras (US Open).
Les qualifications disputées pour la septième année d’affilée au City Form Forest Hill de Nanterre permettent au Zimbabwéen Byron Black, aux Tchèques Martin Damm et Petr Korda, au Suédois Magnus Larsson, à l’Italien Cristiano Caratti et enfin au Néerlandais Fernon Wibier d’accéder au tableau final. Les wild-cards sont attribuées à l’Espagnol Sergi Bruguera et aux Français Guillaume Raoux, Guy Forget et Lionel Roux.
Le mercredi 30 octobre marque l’entrée en lice de neuf des seize têtes de série du tableau. Pour six d’entre elles, et non des moindres, ce mercredi, qui restera comme l’une des plus folles journées de toute l’histoire du tournoi, marque aussi leur disparition : Pete Sampras, le tenant du titre et tête de série numéro 1,s’incline sans gloire face au Suisse Rosset ; Thomas Muster (numéro 3) face au préretraité Stefan Edberg ; Goran Ivanisevic (numéro 5) contre Paul Haarhuis ; Boris Becker (numéro 6) devant Carlos Moya ; Marcelo Rios (numéro 10) face à Petr Korda (issu des qualifications) ; enfin, Albert Costa (numéro 14) s’éclipse devant un autre qualifié, Fernon Wibier.
Bienheureux d’avoir échappé d’extrême justesse aux missiles de l’Australien Philippoussis (au terme du plus beau match de cette onzième édition), Michael Chang est littéralement balayé (6-1 6-3) en huitième de finale par le Français Arnaud Boetsch en état de grâce.
Malheureusement, Boetsch est descendu de son nuage au moment d’affronter Petr Korda en quart de finale. Et même s’il doit s’incliner en deux sets (7-6 7-6), sa prestation d’ensemble a fait naître bien des espoirs avant la finale de la Coupe Davis, disputée un mois plus tard à Malmö. Des espoirs toutefois tempérés par la présence massive de Suédois en quart de finale de l’Open. On retrouve en effet à ce stade de la compétition Stefan Edberg et Thomas Enqvist, appelés à s’affronter dans un duel fratricide, ainsi que Magnus Gustafsson. Cette rencontre contre son compatriote Enqvist sera, en fait, la dernière disputée à Paris par Edberg.
À 22 h 40, en ce vendredi 1er novembre, une ultime volée de coup droit échoue dans le filet. L’artiste, qui s’était pris à rêver d’un deuxième titre à Bercy, quitte la capitale une réplique de l’Arbre de Fanti sous le bras et des souvenirs plein la tête. Après avoir poussé Edberg vers une retraite qu’il prendra officiellement à Malmö, Enqvist décroche deux jours plus tard le plus beau titre de sa jeune carrière.
Digne héritier de ses compatriotes Borg, Nyström et autres Wilander, le jeune Suédois (22 ans) survole l’épreuve comme peu de joueurs l’ont fait avant lui. Cinq mois après son doublé sur la terre battue de Roland-Garros (simple-double), Kafelnikov a, lui, bien failli réaliser semblable performance à l’Open de Paris et ainsi devenir le premier joueur à réussir ce « quadruplé » historique. Mais, rattrapé par la fatigue, il est privé, à chaque fois en finale, du titre en simple et en double, finalement dévolu à la paire néerlandaise Eltingh-Haarhuis.
Un mois après sa brillante prestation sous les sunlights du POPB, Enqvist se montrera tout aussi convaincant à Malmö. Mais ses deux victoires aux dépens de Boetsch et Pioline seront toutefois insuffisantes pour priver la France du fameux Saladier d’Argent…