
1998 : Rusedski à la folie
Greg Rusedski remporte le plus grand titre de sa carrière.
17/10/11 - 17:39
Le treizième Open de Paris se dispute du 2 au 8 novembre. Le tableau comprend quarante-huit joueurs, les seize têtes de série sont exemptes du premier tour. Le montant des prix s’élève à 2 550 000 dollars, le vainqueur en recevant 393 000. Le niveau de participation est excellent, puisque le dernier des trente-sept joueurs admis directement dans le tableau au moment du « cut » est le Marocain Hicham Arazi, 43e à l’ATP.
Les vainqueurs des quatre tournois du Grand Chelem 1998 sont présents au rendez-vous. On retrouve ainsi Petr Korda (Open d’Australie), Carlos Moya (Roland-Garros), Pete Sampras (Wimbledon) et enfin Patrick Rafter (US Open). Les qualifications, disputées pour la deuxième fois dans l’enceinte même du POPB, permettent au Français Arnaud Clément, au Néerlandais Paul Haarhuis, au Slovaque Jan Kroslak, à l’Italien Gianluca Pozzi, au Suisse Marc Rosset et à l’Australien Todd Woodbridge d’accéder au tableau final. Les wild-cards sont, elles, attribuées aux Français Arnaud Di Pasquale, Jérôme Golmard, Sébastien Grosjean et à Boris Becker.
Pour sa onzième et… dernière participation à l’épreuve, l’Allemand ne peut toutefois franchir l’écueil du premier tour, et s’incline en trois manches face au Français Nicolas Escudé. Ce premier tour se révèle d’ailleurs « meurtrier » pour quelques-unsdes ténors du circuit. Outre Becker, Enqvist – un autre ancien vainqueur –, Chang, Ferreira et Pioline disparaissent sans gloire.
En revanche, cette 13e édition de l’Open permet à la révélation de l’année, Arnaud Di Pasquale, de signer sa première apparition à Bercy par un succès convaincant face à l’Australien Fromberg, qui le devance pourtant de quarante places au classement. Sa belle aventure s’achève malheureusement dès le match suivant contre le Britannique Tim Henman.
Trois des quatre autres Français encore en lice au deuxième tour connaissent le même sort. Seul Jérôme Golmard parvient à atteindre les huitièmes de finale, où l’attend toutefois un client de choix en la personne de Pete Sampras, le numéro 1 mondial et tenant du trophée. Pendant deux sets et demi, le Dijonnais entrevoit l’exploit au bout de sa raquette. Il se détache même 4-1 dans la dernière manche. Mais l’Américain s’accroche et finit par s’imposer en trois sets (6-7 6-4 6-4).
À l’image de Sampras, les têtes de série ne sont guère ménagées, puisque huit d’entre elles se sont éclipsées avant même les huitièmes de finale. En proie à des douleurs dorsales aiguës, qui suscitent bien des inquiétudes, le numéro 1 mondial parvient cependant à se frayer un chemin jusqu’en finale de l’Open, sa quatrième à Paris. Il le doit, bien sûr, à son immense talent, mais également au… ménage effectué dans sa partie de tableau par un certain Todd Martin.
De retour au premier plan, après une sérieuse blessure au coude, ce dernier, pointé au 26e rang à l’ATP, élimine en effet successivement Ivanisevic (12e), Rafter (3e) et Agassi (5e). Mais, exténué, il ne peut réellement inquiéter Pete Sampras en demi-finale.
Dans le bas du tableau, Yevgeny Kafelnikov, toujours à l’aise à Paris, Marcelo Rios, Tim Henman, voire Carlos Moya, apparaissent comme les candidats les plus sérieux à la seconde place de finaliste. Mais tous doivent inexorablement s’effacer devant un Greg Rusedski en état de grâce. Jusque-là méconnu du public français, en dépit de son excellent classement mondial (13e), le néo-Britannique se révèle véritablement à Bercy et remporte, à vingt-cinq ans, le plus beau titre de sa carrière.
Défait en finale (6-4 7-6 6-3), alors qu’il briguait un troisième trophée à Paris, Sampras n’a pas pour autant perdu son temps dans la capitale. L’Américain a en effet marqué de précieux points ATP qui lui permettront, quelques semaines plus tard, de devenir le premier joueur de l’histoire à boucler une sixième saison d’affilée à la tête du classement mondial. Chapeau bas Monsieur Sampras !