17/10/11 - 17:29

L’arcade sourcilière droite ouverte, Marat Safin brandit le trophée du Tennis Masters Series de Paris 2000. Le Russe revient de loin, lui qui a bien failli abandonner au milieu de la troisième manche de la finale l’opposant à Mark Philippoussis, après s’être blessé avec sa raquette en plongeant pour tenter de renvoyer une balle lointaine. Mais il a tenu. Jusqu’à un ultime tie-break où il a pourtant laissé passer cinq balles de match avant de l’emporter.

C’est peut-être pour ces raisons-là qu’avant de quitter le POPB, en direction de l’hôpital où on lui posera plusieurs points de suture, il déclare que cette victoire est l’une des plus belles de sa carrière. La deuxième plus précisément : « Je la placerais juste après l’US Open… » avoue-t-il en effet quelques minutes après son succès.

Avant de se présenter sur le court, en ce 19 novembre 2000, Marat Safin n’a pas perdu un set sur le Taraflex du POPB. Le finaliste malheureux – face à Andre Agassi – de l’édition précédente a écarté successivement de sa route le Suisse George Bastl, issu des qualifications, le Français Sébastien Grosjean et les Espagnols Alex Corretja en quart, puis Juan Carlos Ferrero en
demi-finale. Un tableau de chasse de premier ordre pour celui qui est alors numéro 1 au classement de la Champions Race.

Il est vrai qu’en l’espace d’un an, à tout juste vingt printemps, Safin est passé à Bercy du statut d’espoir du tennis mondial à celui de tête de série numéro 2. Entre ses deux finales, il a remporté son premier Tennis Masters Series, à Toronto, puis son premier tournoi du Grand Chelem, l’US Open, en septembre 2000.

Cependant, ce qui aurait pu faire figure de passage de témoin entre sa génération et celle de ses aînés a fait long feu à Bercy : la quinzième édition du tournoi parisien, première de l’ère des Tennis Masters Series, a en effet été marquée par deux absences de taille. Celles des « trentenaires » américains, doubles vainqueurs sur les bords de Seine : Pete Sampras (1995 et 1997) et Andre Agassi (1994 et 1999), tous deux blessés.

Au nombre de dix en début de tournoi – un record à l’époque –, les Français, quant à eux, ont disparu prématurément, à l’image de leur chef de file d’alors, Cédric Pioline. Quart de finaliste en 1999, ce dernier est éliminé dès son premier match (2e tour) par le Suisse Marc Rosset (7-5 7-5). Boutter (2e tour), Golmard (1er), Di Pasquale (1er), Huet (2e), Clément (2e), Escudé (1er) et Llodra (1er) ne parviennent pas à surpasser leur aîné.

Deux de leurs compatriotes réussissent en revanche à se démarquer sous les sunlights parisiens : Grosjean et Santoro. Par malchance, Sébastien Grosjean, tête de série numéro 16 et vainqueur en deux sets de Tommy Haas pour son entrée en matière, subit en huitième de finale les aléas du tirage 
au sort qui lui a réservé Marat Safin comme adversaire… Face au Russe, futur vainqueur, le Marseillais déchante (6-2 7-6).

De son côté, Fabrice Santoro passe le cap du troisième tour pour la première fois de sa carrière. Souvent malheureux à Bercy (trois victoires pour sept défaites en sept participations), Santoro fait vibrer le POPB en éliminant Moya, malgré un premier set perdu, puis Rosset, ce qui lui permet de se hisser en quart de finale. Même si Juan Carlos Ferrero connaît de grosses frayeurs au cours d’un superbe combat de près de trois heures, Santoro s’incline face 
au nouveau prodige du tennis espagnol, 6-4 6-7(10) 7-5. Comme chaque année depuis 1993, il n’y aura pas de Français au rendez-vous des demi-finales…