
2001 : Le chef d’œuvre de Grosjean
Dix ans après Guy Forget, Sébastien Grosjean est le 2e Français à s'imposer au POPB.
17/10/11 - 17:20
En ce 4 novembre 2001, l’émotion est à son comble pour Sébastien Grosjean lorsqu’il soulève l’Arbre de Fanti. Il s’agit non seulement de sa première victoire de la saison, de son premier succès dans un Tennis Masters Series, qui plus est devant un public français présent en nombre (plus de 89 000 spectateurs ayant assisté au tournoi).
Mais surtout, grâce à cette semaine magique d’un tennis flamboyant et… aux nombreux points ATP offerts au vainqueur, le Marseillais décollera quelques jours plus tard pour Sydney afin de participer à la Masters Cup, épreuve qui réunit les huit meilleurs joueurs mondiaux. Il n’est donc guère étonnant de l’entendre confier, sourire aux lèvres, juste après sa finale remportée face au malheureux Kafelnikov : « C’est fantastique. J’avais envie de soulever un beau trophée. Le faire ici à Paris est formidable. C’est ma plus grande victoire ! »
Avant de se présenter sur le court central du POPB, face au Russe, le « Minot » avait retrouvé en quelques jours une confiance perdue. Dès son premier match, face au Slovaque Hrbaty, le numéro 1 français, facile vainqueur 6-1 6-4, avoue qu’il n’a pas joué ainsi depuis « un bon bout de temps ». Après cette bonne mise en jambes, Grosjean dispose également facilement du Belge Christophe Rochus, malgré un set concédé (6-0 3-6 6-0).
En quart de finale, c’est Hicham Arazi qui fait les frais du renouveau du Marseillais (6-2 6-2) au coup droit dévastateur. Pour la première fois depuis 1993, il y aura un Français dans le dernier carré à Bercy. Même si le plus dur reste à accomplir, « Seb » commence à rêver d’une possible victoire, qui lui ouvrirait les portes de la Masters Cup. Son rival pour Sydney a pour nom Tommy Haas… qu’il retrouve justement en demi-finale dans une rencontre à double enjeu. Une entame parfaite, aucun relâchement, l’Allemand, à son tour, ne peut rien face au Marseillais et s’incline en deux sets parfaitement maîtrisés, 7-5 6-4. La qualification de Sébastien Grosjean pour la Masters Cup dépend désormais de son résultat en finale face à un Kafelnikov qui n’a encore jamais remporté le moindre TMS, malgré quatre finales disputées.
Bien décidé à conjurer le mauvais sort, le Russe quittera pourtant Paris avec une cinquième défaite en poche. Vainqueur 7-6 6-1 6-7 6-4, Grosjean a réussi à maintenir un incroyable niveau de jeu tout au long de la semaine.
Marquée par l’absence des Américains Agassi et Sampras, l’édition 2001 du TMS parisien voit les disparitions prématurées de nombre de stars du circuit, tels Hewitt, Roddick, Ivanisevic, Henman ou encore Enqvist.
Au nombre de neuf en début de tournoi – contre dix en 2000 –, les Français, quant à eux, n’ont pas réussi à suivre l’exemple de leur chef de file, Sébastien Grosjean. Aussi, comme en 2000, il ne reste plus que deux « survivants » français en huitièmes de finale. B
attu à ce stade de la compétition par Jiri Novak, Julien Boutter laisse Grosjean se débrouiller seul. Ce que le Marseillais fera de belle manière…
Quelques jours plus tard, à Sydney, Grosjean deviendra le premier joueur français à atteindre la finale du Masters. Et même s’il devra s’incliner face à un grand Lleyton Hewitt, il se consolera aisément à Melbourne, en remportant, dans la foulée, aux côtés de ses camarades de l’équipe de France, la Coupe Davis aux dépens d’une formation australienne emmenée par… Hewitt. Un doublé « Bercy-Coupe Davis » qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain Guy Forget, réalisé dix ans plus tôt.