14/10/11 - 15:47

Le Palais Omnisports de Paris-Bercy a définitivement changé de propriétaire. Dans les années 80-90, Boris Becker, triple vainqueur de l’épreuve en 1986, 1989 et 1992, avait fait du tournoi d’automne parisien son rendez-vous attitré de fin de saison. Puis, ce fut au tour de Pete Sampras d’y élire domicile, en disputant pas moins de quatre finales (pour deux trophées en 1995 et 1997), lors de la décennie 90.

En s’imposant au POPB pour la troisième fois, en seulement cinq apparitions (avec, en outre, une finale perdue dès sa première participation en 1999 !), Marat Safin a bel et bien repris les clés de la maison. À vrai dire, le Russe, également victorieux de la Coupe Davis face aux Français en 2002 dans cette même salle, se sent à Bercy comme chez lui.

Car, passée la frayeur du deuxième tour contre le Croate Ljubicic, face auquel il abandonna son seul set de l’épreuve, l’ex-numéro 1 mondial a connu une semaine relativement tranquille. Il donna ainsi l’impression de hausser le niveau de son jeu simplement lorsque la situation et l’adversité l’exigeaient. Ce fut notamment le cas contre Lleyton Hewitt, la tête de série numéro 2, en quart de finale (assurément sa prestation la plus convaincante du tournoi), et par intermittences – le plus souvent en fin de set – face à Guillermo Cañas en demie ou l’inattendu Radek Stepanek en finale.

Grâce à ce nouveau succès (après 2000 et 2002), Marat Safin, qui est désormais le joueur le plus titré en simple de l’histoire du tournoi, à égalité avec Boris Becker (3), présente à Bercy des statistiques en tous points ahurissantes : il reste alors sur une série de dix victoires de rang (série portée à douze en 2006) et figure en tête du classement des joueurs ayant remporté le plus de tie-breaks au POPB. Enfin, avec vingt-et-un matches gagnés pour un total de vingt-trois disputés, il présente à l’époque un taux de réussite de 91,30 % !

En s’imposant à Bercy quelques jours seulement après avoir triomphé au Masters Series de Madrid, le Russe se positionne surtout en rival le plus sérieux de « l’ogre » Roger Federer. Il s’est en effet constitué un joli capital confiance, sur lequel il n’a pas manqué de s’appuyer pour remporter en janvier 2005, l’Open d’Australie, sans doute le plus beau titre de sa carrière.

Pour sa troisième participation au BNP Paribas Masters, Radek Stepanek a également frappé très fort. Issu des qualifications, le Tchèque, jusqu’alors peu connu du grand public en dépit d’un talent indéniable, s’est hissé jusqu’en finale. Il a ainsi égalé la meilleure performance réalisée au « BNPPM » par un qualifié ; l’Espagnol Sergio Casal avait réussi semblable exploit en 1986, lors de la première édition du tournoi.

Au nombre de six au départ, les Français n’ont pas connu la même réussite. Le meilleur d’entre eux, Cyril Saulnier, qui disputait son premier « Bercy », s’inclina en effet dès les huitièmes de finale. Mais deux espoirs français, Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils, tous deux issus des qualifications et auteurs de belles performances au premier tour du tableau final, ont fait vibrer le public du POPB qui, avec 99 441 spectateurs (dont 3 093 pour les seules qualifications ; un record dans le domaine !), a une nouvelle fois répondu présent.