
2009 : Djokovic impérial
Battu lors de quatre finales de "Masters 1000" en 2009, Novak Djokovic a vaincu la malédiction à Paris.
14/10/11 - 11:52
Le protégé de Marian Vajda, incontestablement l’homme fort de cette fin d’année, n’a pas volé son titre. La semaine précédant le BNPPM, il avait déjà frappé un grand coup en dominant à Bâle, sur ses terres, le roi Federer en finale, pourtant triple tenant du titre.
Sur sa lancée, « Nole » se montre très impressionnant tout au long de sa semaine parisienne. Il écarte ainsi facilement de sa route Juan Monaco, Arnaud Clément et Robin Söderling. Mais c’est sans doute en demi-finale que le Serbe pratique son tout meilleur tennis face à la tête de série n°2 du tournoi, Rafael Nadal. Lors de ce match, le Serbe donne une véritable leçon à l’Espagnol, réduit au rôle de spectateur ! Le score est d’ailleurs sans appel : 6-2 6-3.
En finale, il retrouve Gaël Monfils, la divine surprise tricolore de la semaine. Sur un nuage, il se détache 6-2 3-0, après seulement quarante-cinq minutes de jeu ! « Djoko » est touché par la grâce. Son coup droit, d’ordinaire son point « faible », pétarade. Son revers trouve des trajectoires laser. Le duel, tant attendu, prend des allures de monologue.
Mais le Français, poussé par le public de Bercy, a le grand mérite de ne rien lâcher. Il laisse passer l’orage et réussit à inverser la tendance. Après 1 h 35’ de jeu, il égalise ainsi à un set partout (7-5). Le POPB est en ébullition. Dans la troisième manche, Djokovic prend à nouveau les devants (4-1), mais « La Monf’ » s’accroche et parvient à égaliser à 4 jeux partout. Le combat est magnifique entre les deux hommes. Tour à tour au bord de la rupture, physique et mentale, ils ne veulent rien céder. Le titre du dernier « Masters 1000 » de la saison va donc se jouer au jeu décisif.
C’est finalement sur une cruelle double faute du Français que Djokovic s’impose – après 2 h 43’ – pour la première fois à Paris, à l’occasion de sa cinquième participation au tournoi. Lui qui n’avait jusque-là jamais atteint les quarts de finale au POPB !
« J’avais perdu toutes mes grandes finales cette année, et c’était quelque part dans ma tête, reconnaît Djokovic. J’étais fatigué après Bâle, mais je vis au jour le jour. Je suis allé au bout de moi-même. C’est une très grande victoire pour moi. Ce doublé Bâle – Paris est un exploit. »
Il s’offre ainsi à l’époque le cinquième « Masters 1000 » de sa carrière après Miami et Montréal en 2007, puis Indian Wells et Rome en 2008. Une juste récompense pour ce beau champion.
Pour Gaël Monfils, la déception est immense. Deux mois après avoir glané le deuxième titre de sa carrière à Metz, Gaël Monfils disputait, à Paris, sa première finale de « Masters 1000 ».
Il rêvait de succéder à Jo-Wilfried Tsonga au palmarès de l’épreuve, tombé au stade des quarts de finale face à Rafael Nadal. Passé tout près du plus grand titre de sa carrière, le protégé de Roger Rasheed a néanmoins vécu une magnifique semaine.
Après avoir été le meilleur joueur tricolore deux années de suite à Roland-Garros (demi-finaliste en 2008 et quart de finaliste en 2009), le Parisien prouve une nouvelle fois qu’il aime jouer chez lui, dans la capitale.
« J’aime bien jouer en France, devant le public français, avoue Gaël. J’adore jouer devant mes potes, ma famille. Que ce soit à Roland-Garros ou au BNP Paribas Masters. A Bercy, je me sens comme à la maison. Et pour cause, quand j’étais plus jeune, j’étais licencié au TC 12 Bercy. Juste à côté ! Avec le club, on avait des places pour le tournoi. Donc, plus jeune, j’avais la chance d’y aller. En fait, je n’y allais pas vraiment pour voir le tennis, mais plutôt pour aller jouer au mini-tennis dans le stand qui était installé dans le déambulatoire public. Cela me faisait plus marrer ! »
Même si Novak Djokovic prive donc la France d’un deuxième titre d’affilée au BNP Paribas Masters, l’édition 2009 constitue un excellent millésime pour le tennis hexagonal. Pas moins de treize joueurs tricolores sont au départ. Un record ! Quatre d’entre eux ont décroché leur billet pour le tableau final via les qualifications : Arnaud Clément, Vincent Millot, David Guez et Thierry Ascione. Il s’agit, là encore, d’une première.
Mais les « Bleus », décidément à la fête, font tomber un autre record : celui du plus grand nombre de Français restant en lice en huitièmes de finale. En effet, ils sont encore cinq présents à ce stade de la compétition : Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Arnaud Clément, Gilles Simon et Julien Benneteau.
Ce dernier, battu par Gaël Monfils en huitième, signe le plus bel exploit de sa carrière, au tour précédent, en sortant – à la régulière – et au terme d’un superbe combat la tête de série n°1, le Suisse Roger Federer. Alors, quand à 23 h 16, en ce mercredi 11 novembre, le 49e joueur mondial frappe son 7e et dernier ace, synonyme de victoire (3-6 7-6 6-4), il tombe à genoux, les larmes coulent sur ses joues. Très ému, « Bennet’ » déclare avoir vécu « le plus beau moment de [sa] vie ». Séquence émotion. « Cette victoire, je suis allé la chercher, poursuit-il. C’est magique de connaître ça à Bercy, dans une telle ambiance. Je n’ai aucun souvenir d’être allé chercher un match au fond de moi de cette manière, avec autant d’intensité et de concentration. Je savais qu’il fallait être agressif et c’est pour cela que je suis beaucoup monté à la volée. » Depuis 1973 et la création du classement ATP, Bennet’ est seulement le 16e joueur français à battre un numéro 1 mondial en exercice !
Au revoir « Rodgeur », une nouvelle fois malheureux à Bercy. Et adieu Marat Safin, le Russe qui avait, de longue date, décidé de faire du BNP Paribas Masters, son tournoi fétiche, la scène de ses adieux au tennis. Cette figure du tennis, immense champion, trois fois lauréat sur les bords de Seine (2000, 2002 et 2004), se montre à la hauteur de son statut. Battu de justesse par Juan Martin Del Potro au deuxième tour, l’ancien numéro 1 mondial avait sauvé trois balles de match au premier tour face au Français Thierry Ascione. L’hommage rendu sur le court central est à l’image de ce personnage haut en couleur, émouvant et chaleureux. « Aujourd’hui, tous mes souvenirs sont dans une boîte, lance Marat. Le tennis m’a donné énormément d’opportunités. Une porte se ferme, un autre va s’ouvrir. Et j’espère avoir autant de succès dans ma nouvelle vie, même je sais que ce ne sera pas facile. »