
Federer au plus que parfait
Roger Federer s'est imposé pour la première fois au BNP Paribas Masters. Jo-Wilfried Tsonga est tombé avec les honneurs en finale (6/1, 7/6).
13/11/11 - 17:21
"Je suis surpris à quel point je joue bien". Avec cette phrase empreinte de modestie, lors de la cérémonie des récompenses, Roger Federer a fait rire toute la salle. La perfection n'existe peut-être pas en ce monde. Mais en tennis, le Suisse s'en approche. Le temps ne semble pas avoir de prise sur lui. Alors qu'il a dépassé la trentaine, alors qu'il n'est plus que n°4 mondial, le maestro gagne encore. Et bat d'autres records.
Pour la première fois de sa carrière, "Rodgeur" s'est donc imposé à Bercy. Après sept échecs. Voir le maestro coincer dans ce grand tournoi, devant un public qui l'adore, c'était une incongruité, une anomalie. Il l'a réparée avec la manière. Sans perdre un set. Avec une démonstration finale époustouflante, aux dépens du "local hero", Jo-Wilfried Tsonga.
Après un show son et lumière très réussi (une des marques de fabrique du tournoi désormais), la finale débute par un premier jeu compliqué pour Federer. Surpris par la fougue de Tsonga, l'homme aux 16 titres du Grand Chelem doit faire face à deux balles de break contre lui. Mais il sert bien, par deux fois, sur le revers de son rival.
Puis c'est "Rodgeur" qui s'offre immédiatement une balle de break, alors que Tsonga a pourtant claqué deux aces. Et "Fed" l'a saisie, aidé par un coup droit bande-couloir de "Jo". Dès lors, le Suisse fait cavalier seul dans ce premier set. Le Français est dépassé. Il a évidemment perdu de l'influx, la veille, après un combat de 2h58 face à John Isner. 6/1 Federer en seulement 30 minutes.
Tsonga : "C'est lui, le plus grand joueur de l'histoire"
Heureusement, la deuxième manche va être plus intense. Poussé par tout un peuple, "Jo" fait tomber la foudre au service. Il obtient même une balle de 3-1, qu'il rate en prenant un gros risque sur un retour de coup droit, qui atterrit dans le couloir. A 4-3 pour lui, JWT fait même rugir de plaisir les 15 000 spectateurs quand un retour de revers ligne, un peu heureux, lui offre une balle de 5-3. L'échange s'engage, il se joue à la vitesse de la lumière. Mais le vainqueur 2008 craque en coup droit.
Puis c'est "Rodgeur" qui s'approche du bonheur à 4-4. Balle de break, qui ressemble à une balle de match. Service-volée superbe de Tsonga. Ce sera donc un tie-break. Qui tourne vite, trop vite, en faveur du Suisse. "Jo" rate deux fois à l'échange, Federer est parfait en coup droit. 6-1. La troisième balle de match sera la bonne pour le Bâlois. Un coup droit gagnant libère sa joie (6/1, 7/6 en 1h25). Les bras au ciel, le regard ému tourné vers son clan, le champion savoure. Oui, c'est son 69e titre, son 18e ATP Masters 1000, mais le maître n'est pas rassasié. Il aime toujours autant gagner.
"C'était un rêve pour moi de gagner ici, depuis que j'ai 12 ans. Je pensais que c'était faisable quand je suis devenu n°1 mondial en 2004, mais il y a eu des blessures, des contretemps… Ce méga stade fait un peu peur (sic). C'est encore mieux que cette première victoire, je l'obtienne face à Jo. Mille fois merci à tous", dira Federer, acclamé comme une rock star.
Jo-Wilfried Tsonga, lui, n'a pas à rougir de cette défaite. Comme un copier-coller du parcours de Gaël Monfils l'an passé, il a sauvé des balles de match en demi-finales et s'est incliné sur le même score en finale (contre Soderling pour La Monf). Le futur n°6 mondial a surtout enflammé Bercy, une fois de plus. Il méritait bien le mot de la fin. "Vous avez été formidable avec moi, tous les jours. Félicitations à Roger. Pour moi, y a pas de secret, c'est le plus grand joueur de l'histoire". On ne saurait dire le contredire, Jo…
A Bercy, G.B.