12/11/11 - 22:10

«Jo-Wilfried Tsonga, comment vous sentez-vous après ce match haut en couleurs ?  

Je suis passé au-delà de la frustration. Dans le premier set, ce n'était pas évident. Il faisait chaud, je transpirais beaucoup, je n'étais pas très à l'aise et puis, au fur et à mesure du match, je me suis dit "allez Jo, il faut que tu profites de ce moment-là. Quoi qu'il arrive, ce sont des moments extraordinaires, il y a du monde qui te soutient, personne ne t'oblige à gagner, il faut au moins que tu te fasses plaisir". J'étais vraiment dans cet état d'esprit. A partir de là, j'ai commencé à être un peu mieux, à me faire plaisir sur les retours, tenter d'avancer, de prendre la balle tôt, quitte à prendre des aces ou ne pas la mettre dans le terrain. Je voulais au moins pratiquer le tennis que j'aime et qui me fait bien jouer. 

Le public vous a soutenu comme un seul homme. Que ressent-on dans des moments pareils ? 

C'est juste extraordinaire. Je suis privilégié de pouvoir vivre des moments comme ça. Des ambiances pareilles, je crois que je n'en ai pas vécues beaucoup, j'ai presque envie de dire que je n'avais jamais vécu d'émotions aussi fortes. Ca faisait beaucoup de bruit. Quand les gens tapaient sur le sol, tout Bercy vibrait. 

Comment avez-vous abordé les trois balles de match de John Isner ?

Je n'ai pensé à rien, je me suis juste dit quelques mots positifs. Dans ces moments-là, on joue et on ne pense pas à grand chose. On voit ce qui se passe au moment où elles arrivent. 

Comment appréhendez-vous votre finale contre Roger Federer, que vous commencez à bien connaître...

C'est difficile d'avoir une réelle tactique contre lui. J'ai la mienne, bien sûr. Je sais que je dois être agressif. Je ne dois pas subir le jeu, sinon j'ai perdu. Mais je ne peux pas me dire comme Rafa (Nadal), je vais lui faire des ronds sur le revers et puis voilà (sourire). Je sais, quoi qu'il arrive, que je dois jouer mon meilleur tennis pour le battre. Roger, de son côté, doit se dire que ce n'est pas un match si évident que ça, sinon il n'aurait jamais perdu contre moi. Mais ça reste Roger, on sait qu'il n'est capable que du meilleur ou presque. Demain (dimanche), il va être très fort. Le défi, il est vraiment est pour moi.»

Propos recueillis par Julien Giovanella, au POPB.