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Paris - 02/11/2004
aël
Monfils est décidément un phénomène.
Certes, il n'a pas battu Lleyton Hewitt, n°3 mondial.
Mais l'Australien a souffert mille maux pour venir à
bout du champion du monde juniors au deuxième
tour (6/3, 7/6 (3) en 1h56). Bercy s'est enflammé pour un gamin de 18 ans, 284e mondial.
Pour commencer, un point. Ou plutôt,
le point. L'échange le plus incroyable depuis
le début du tournoi, et qui risque de le rester
jusqu'à la fin de la semaine, si ce n'est de
l'année. 3-3, 30-15 sur le service de Gaël
Monfils dans le deuxième set. Le
Français et Lleyton Hewitt vont se livrer à
un mano à mano époustouflant de 42 frappes
de balles, entre accélérations, lobs,
amorties, volées, coups de toucher, défenses
héroïques. C'est
finalement l'Australien qui va l'emporter d'une volée
de coup droit en extension. Tout un symbole. Le dernier
mot est revenu au n°3 mondial, mais l'adolescent
lui a offert une formidable résistance. Avec
du spectacle à la clé.
Pourtant, la leçon a bien failli être sévère.
Lors de ses deux tours de qualifications et la veille,
face à Thomas Enqvist, le champion du monde juniors
avait disputé à chaque fois trois sets.
Programmé ce mardi, il n'avait donc pas eu beaucoup
de temps pour récupérer. Face à
un joueur comme Hewitt, qui donne très peu de
points et qui se transforme parfois en véritable
mur, c'est un handicap. Très vite, d'ailleurs,
Monfils se retrouvait mené 6/3, 3-1. Balle de
4-1, double break, pour l'ancien n°1 mondial.
Jusque-là, le match était conforme aux
prédictions. Hewitt semblait gérer à
sa main une partie où Monfils alternait les coups
brillants et les "toiles". Des fautes avant
tout provoquées par la solidité du joueur
d'Adélaïde. Et puis, le Parisien de 18 ans
grimaçait de plus en plus, les mains sur les
hanches. On craignait alors une "explosion"
physique.
A deux points du set
Pourtant, porté par un public totalement acquis
à sa cause, Gaël sauvait joliment trois
balles de 4-1. A 3-2 se produisait alors l'inattendu.
Pour la première fois, l'Australien "donnait"
des points, notamment en revers. Débreak, 3-3.
Le match changeait d'âme. Le point du match n'allait
pas tarder. Gaël avait beau le perdre, il enchaînait
ensuite deux aces qui chaviraient de bonheur 14 000
personnes… Quel cran ! Une "ola" embrasait
bientôt la salle.
"La Monf" allait trouver de nouvelles ressources
pour équilibrer les débats. A sa puissance
déjà célèbre, il ajoutait
une lucidité tactique épatante. Quelques
belles amorties de coup droit s'avéraient payantes.
Les échanges de fond de court étaient
parfois à couper le souffle. Ebranlé,
peut-être secoué par tremblements de terre
réguliers du POPB (quel public !), agacé
par plusieurs fautes de pied, Hewitt se retrouvait même,
à deux reprises, tout près de concéder
le deuxième set. A 5-4, 30-30, puis deux fois
à 40 A, Monfils n'était qu'à deux
points d'égaliser à une manche partout.
Mais l'expérience parlait. Une première
balle retrouvée sortait l'Australien de ce mauvais
pas. Les "come on" se faisaient entendre.
6-6. Le POPB, lui, scandait "Gaël, Gaël"
à l'attaque du tie-break. Le champion du monde
juniors, survolté, tenait le choc jusqu'à
3-3. Et puis une dernière accélération
de la tête de série n°2 lui était
fatale. Un dernier coup droit dans le filet mettait
fin à la belle aventure de Monfils à Bercy,
après 1h56 d'une partie pleine d'événements.
Avec Gaël, il se passe décidément
quelque chose. Même quand il perd...
(Guillaume Baraise)
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