Gaël Monfils

Le parcours du champion du monde juniors à Bercy restera dans les mémoires.





LE SAVIEZ-VOUS ?
Gaël Monfils a réussi le petit Chelem chez les juniors. Seul Stefan Edberg a réussi le Grand Chelem en 1983 tandis que la performance du Français n'a été imitée qu'à une seule reprise, par le Péruvien Nicolas Pereira, en 1987.

 


Il a fait trembler Hewitt !


Paris - 02/11/2004

aël Monfils est décidément un phénomène. Certes, il n'a pas battu Lleyton Hewitt, n°3 mondial. Mais l'Australien a souffert mille maux pour venir à bout du champion du monde juniors au deuxième tour (6/3, 7/6 (3) en 1h56). Bercy s'est enflammé pour un gamin de 18 ans, 284e mondial.

Pour commencer, un point. Ou plutôt, le point. L'échange le plus incroyable depuis le début du tournoi, et qui risque de le rester jusqu'à la fin de la semaine, si ce n'est de l'année. 3-3, 30-15 sur le service de Gaël Monfils dans le deuxième set. Le Français et Lleyton Hewitt vont se livrer à un mano à mano époustouflant de 42 frappes de balles, entre accélérations, lobs, amorties, volées, coups de toucher, défenses héroïques. C'est finalement l'Australien qui va l'emporter d'une volée de coup droit en extension. Tout un symbole. Le dernier mot est revenu au n°3 mondial, mais l'adolescent lui a offert une formidable résistance. Avec du spectacle à la clé.

Pourtant, la leçon a bien failli être sévère. Lors de ses deux tours de qualifications et la veille, face à Thomas Enqvist, le champion du monde juniors avait disputé à chaque fois trois sets. Programmé ce mardi, il n'avait donc pas eu beaucoup de temps pour récupérer. Face à un joueur comme Hewitt, qui donne très peu de points et qui se transforme parfois en véritable mur, c'est un handicap. Très vite, d'ailleurs, Monfils se retrouvait mené 6/3, 3-1. Balle de 4-1, double break, pour l'ancien n°1 mondial.

Jusque-là, le match était conforme aux prédictions. Hewitt semblait gérer à sa main une partie où Monfils alternait les coups brillants et les "toiles". Des fautes avant tout provoquées par la solidité du joueur d'Adélaïde. Et puis, le Parisien de 18 ans grimaçait de plus en plus, les mains sur les hanches. On craignait alors une "explosion" physique.

A deux points du set


Pourtant, porté par un public totalement acquis à sa cause, Gaël sauvait joliment trois balles de 4-1. A 3-2 se produisait alors l'inattendu. Pour la première fois, l'Australien "donnait" des points, notamment en revers. Débreak, 3-3. Le match changeait d'âme. Le point du match n'allait pas tarder. Gaël avait beau le perdre, il enchaînait ensuite deux aces qui chaviraient de bonheur 14 000 personnes… Quel cran ! Une "ola" embrasait bientôt la salle.

"La Monf" allait trouver de nouvelles ressources pour équilibrer les débats. A sa puissance déjà célèbre, il ajoutait une lucidité tactique épatante. Quelques belles amorties de coup droit s'avéraient payantes. Les échanges de fond de court étaient parfois à couper le souffle. Ebranlé, peut-être secoué par tremblements de terre réguliers du POPB (quel public !), agacé par plusieurs fautes de pied, Hewitt se retrouvait même, à deux reprises, tout près de concéder le deuxième set. A 5-4, 30-30, puis deux fois à 40 A, Monfils n'était qu'à deux points d'égaliser à une manche partout. Mais l'expérience parlait. Une première balle retrouvée sortait l'Australien de ce mauvais pas. Les "come on" se faisaient entendre.

6-6. Le POPB, lui, scandait "Gaël, Gaël" à l'attaque du tie-break. Le champion du monde juniors, survolté, tenait le choc jusqu'à 3-3. Et puis une dernière accélération de la tête de série n°2 lui était fatale. Un dernier coup droit dans le filet mettait fin à la belle aventure de Monfils à Bercy, après 1h56 d'une partie pleine d'événements. Avec Gaël, il se passe décidément quelque chose. Même quand il perd...

(Guillaume Baraise)


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