04/09/16

Ne cherchez pas trop le nom de Sara Carakevic dans les tableaux des championnats de France des jeunes catégories. Jusqu'à 2015, la joueue du TC Tremblay à Bondy (n°40) ne se considérait pas comme une joueuse de tennis à plein temps. "Mes parents voulaient que je privilégie mes études", explique la jeune fille de 19 ans. Depuis qu'elle a le bac L en poche, et qu'elle est débarrassée d'une fracture de fatigue au pied qui l'avait freinée début 2015, c'est une toute autre histoire.

La joueuse de Seine-Saint-Denis (elle s'entraîne à la ligue avec Elsa Morel) s'est lancée dans une carrière "pro" sur le circuit international, et ça paie. Cette année, elle a déjà gagné un 10 000 dollars en Serbie, et atteint la finale de trois autres tournois de cette catégorie. Elle est désormais aux portes du "top 500" mondial.

Ce n'est donc qu'une demi-surprise de la voir triompher à Blois. La vraie surprise, c'est le score de la finale qui l'a opposée à Jade Suvrijn (n°37, Languedoc-Roussillon). En juin dernier sur le "25 000 dollars" de Montpellier, leur duel au 2e tour avait duré près de 4 heures, avec un succès arraché par Jade Suvrijn 7/6 au 3e set, en sauvant deux balles de match. Pour la finale du Critérium 2016, le scénario a été tout autre : Sara s'est imposée sur un score net et sans bavure (6/0, 6/4).

Fan de Djoko

"J'ai sans doute joué mon meilleur match de la semaine en finale, s'est réjouie la championne de France. J'avais galéré dès mon premier tour, et j'ai eu beaucoup de mal à m'en sortir en demi-finale face à Morgane Pons (4/6, 6/4, 6/4). Mais j'ai très bien commencé ce dernier match, en étant très agressive. J'ai eu de très bonnes sensations."

D'origine serbe (par son père, sa mère étant du Monténégro), Sara Cakarevic a comme modèle et même comme idole un certain Novak Djokovic. "Ses matchs me font parfois pleurer", concède-t-elle dans une sourire. Ses ambitions sont évidemment plus modestes que celle du n°1 mondial, mais elle entend faire fructifier ce titre de championne de France, qui lui donne accès à la 1ere série. "Peut-être que je vais pouvoir bénéficier de quelques wild-cards sur des gros tournois ITF en France. En 2017, j'espère intégrer le "top 300" mondial. C'est un objectif raisonnable, car je veux progresser sans brûler les étapes."

Quoi qu'il arrive, Sara n'hésitera pas à prendre son baluchon pour tenter de conquérir des points à travers le monde avec son jeu tourné vers l'avant et son grand coup droit. "Je voyage parfois avec mon oncle, mais ça ne me gêne pas d'aller jouer à l'étranger toute seule. J'aime trop en fait ! Et je me suis rendue compte que cela m'avait aidé à m'aguerrir sur le plan mental."

Sara Cakarevic, un nom à retenir pour l'avenir...

(G.B.)