20/08/17

Mathys Erhard (-2/6, Yvelines) bat Titouan Droguet (-2/6, Essonne) : 7/6[5], 7/5

Après son match de samedi, Mathys Erhard avait confié "se sentir un peu comme l'intrus" de cette finale. Son entraîneur, lui, a préféré le terme de "challenger". Et un challenger gagnant ! Le joueur du TC Montesson est devenu champion de France 15/16 ans 2017 après une finale pleine de surprises ce dimanche, sous le soleil de Dijon.

Face à Erhard se dressait Titouan Droguet, tête de série n°2. Un Francilien comme lui, au tennis fluide, doté d'une excellente main et grand amateur d'amorties.

Après un début de rencontre paisible, tout s'accélère au 6e jeu. A 3-2, Droguet sort un passing rasant long de ligne improbable pour s'offrir les deux premières balles de break du match. Un coup droit dans le filet de son adversaire et voilà le joueur de l'Essonne en tête. 4-2... puis 5-2 ! Car si Erhard multiplie les prises de risques - dont une superbe défense pour gagner une occasion de debreak - Droguet s'en sort sur une nouvelle amortie bien touchée. Les slices et les changements de rythmes de l'Essonnien font mal à Erhard, souvent obligé de se courber et de multiplier les coups difficiles pour s'en sortir. Assez tranquillement, Droguet se procure une balle de set à 5-3 et semble bien parti pour prendre le large.

Mais les prises de risques de Mathys vont finir par payer. Le protégé de Nicolas Sabas, entraîneur au pole France de Poitiers, débreake, au grand dam de son adversaire, qui en jette sa raquette de rage. Au bord de la rupture, Droguet va alors réussir à garder son calme. Après notamment un fantastique revers sauté long de ligne - que n'aurait pas renié Gaël Monfils -, il se procure deux nouvelles balles de set à 6-5. Au mental, Erhard les sauve, dont une sur un superbe service volée.

Et c'est de nouveau en se ruant au filet qu'il arrache un jeu décisif. Et c'est bien lui qui se montrera le plus entreprenant lors du tie break, retrouvant notamment une belle qualité de premières balles. Sur un énorme retour gagnant pleine ligne, il se procure trois balles de sets. La dernière sera la bonne pour empocher la première manche.

"Il fonce et il gagne"

Au deuxième set, le grand Mathys (1m88) garde sa dynamique pour breaker d'entrée. Mais Titouan, aussi, a de la ressource. Il prend deux fois le service adverse pour mener la danse (4-3). Mais Erhard retrouve son costume de "super warrior" au mental de fer. Il débreake et allonge les échanges, imposant unénorme comabt à son adverdsaire.

"J'en peux plus physiquement, c'est trop dur", lâche un Droguet épuisé. Si ce dernier fait de la résistance, sauve une balle de match à 5-4, il finit par craquer sur un revers long de ligne exceptionnel d'Erhar (7/6[5], 7/5).

"La balle de match est le plus beau schéma possible, sourit son entraîneur Nicolas Sabas. Il défend trois fois, il a une occasion d'attaque, il fonce et il gagne. C'est un joueur en pleine progression. Il a toutes les qualités pour être bon. La finale a été dure pour lui. Il était un peu touché physiquement, il a été au bout de l'effort et très courageux, notamment pour chercher la victoire la fin".

"C'est un grand bonheur, concède le joueur. Je suis vraiment heureux d'avoir gagné car Titouan joue très bien. J'ai su garder mon calme et être offensif. Champion de France, ce n'est pas rien !"

(EB, à Dijon)