19/08/18

Affronter un ami, c'est toujours un peu particulier. D'autant plus lorsqu’on est favori et qu'il y a un titre de champion de France en jeu. C'est ce défi qui était proposé à Lilian Marmousez, vainqueur 7/5, 6/2 contre Martin Breysach sur les courts de tennis du Lac Kir à Dijon (ligue de Bourgogne-Franche-Comté) ce dimanche. 

Tête de série numéro un du tableau, en l'absence d'Arthur Cazaux et Harold Mayot, ses coéquipiers en équipe de France avec lesquels il s'était imposé en coupe d'Europe il y a quelques semaines, Lilian Marmousez (-15, TC Clermont, HDF) avait fait de ces championnats de France l'un des principaux objectifs de sa saison. Et il a parfaitement assumé ses ambitions et son statut malgré une tension légitime et visible en début de tournoi et lors des premiers jeux de la finale.

Pourtant, dimanche matin, les choses n’avaient pas bien commencé pour lui, dont la solidité et le revers à une main a impressionné de nombreux spectateurs tout au long de la semaine. Sous un soleil de plomb (27 degrés à l’ombre), c’est Martin Breysach (-2/6, FC Kronenbourg Tennis, GDE) qui a le mieux lancé sa finale. Tombeur de la tête de série numéro deux, Terence Atmane, en demi-finale, l’Alsacien a parfaitement abordé sa première finale en championnats de France. "Je me suis dit que je n’avais rien à perdre, qu’il fallait que je joue relâché, expliquait-il après le match. Je n’avais pas de pression, j’étais bien, je savais comment je devais jouer contre Lilian."

Très agressif, c’est lui qui a pris l’initiative dans l’échange pour breaker d’entrée et se détacher 5-3. "Les choses fonctionnaient bien puis j’ai manqué un coup droit assez facile sur la balle de set à 5-4 et il a commencé à mieux jouer tandis que je me suis un peu déréglé…"

Une analyse partagée par le vainqueur : "Il m’a complètement étouffé en début de match. Comme c’est mon meilleur ami, je n’osais pas trop m’encourager et j’ai fait un mauvais premier jeu de service, commentait Lilian Marmousez. Mais j’ai réussi à garder ma concentration. Il a fait un mauvais choix sur la balle de set et après je me suis libéré et j’ai réussi à faire tourner le match."

Rapport de force inversé

Avec sept jeux remportés consécutivement pour revenir et se détacher 7/5, 3-0, Lilian a réagi à temps et complètement renversé le match. "Il a eu un peu de réussite sur la balle de set contre lui, ça l’a libéré et le match a vraiment tourné, confirme Eric Quillet, entraîneur fédéral au sein de la ligue des Hauts de France. Martin était un peu atteint psychologiquement et physiquement et Lilian a bien terminé le travail."

Beaucoup plus régulier en fond de court et n’hésitant pas à alterner amorties et lobs et à venir chercher les points au filet pour prendre de vitesse et user son adversaire, ce fan de Federer ("parce qu’il a la classe") et de Kyrgios ("pour son côté fantasque et son jeu spectaculaire") n’a pas tremblé dans le deuxième set et sa première balle de match fut la bonne. "J’ai réussi à remporter un jeu compliqué à 4-1 et j’ai joué vraiment libéré lors du dernier jeu, se réjouissait Lilian. J’ai ressenti une énorme joie après la balle de match même s’il a fait une double-faute et que j’étais un peu déçu de ne pas avoir fait un beau point pour conclure. Mais, être champion de France c’est énorme !"

Déjà champion d’Europe par équipe et désormais champion de France 15/16 ans en individuel, Lilian, qui rejoindra le CNE en septembre après trois ans passés au pôle France de Poitiers, n’hésite pas une seconde quand on l’interroge sur ses prochains objectifs : "J’aimerais entrer dans le top 100 mondial d’ici 3-4 ans mais d’abord je voudrais vraiment remporter la coupe du monde avec mes copains de l’équipe de France en Hongrie." Rendez-vous est pris, du 25 au 30 septembre à Budapest en Hongrie.

 

A Dijon, Amandine Reymond