19/08/18

Quand on lui demande quel est son point fort, Giulia Morlet répond sans hésiter "mon mental" ! Dimanche, sur les courts du Tennis du Lac Kir à Dijon (Bourgogne-Franche-Comté), c’est sûrement grâce à cette force mentale et sa faculté à rebondir que la licenciée du Stade Français s’est offert, au terme d’un long et intense combat de 3h14 (6/2, 5/7, 6/3), un deuxième titre de championne de France après celui remporté dans la catégorie 13 ans en 2015.

 

Opposée à la tête de série numéro un du tableau, Elsa Jacquemot (N.40, TC Lyon, ARA), elle aussi titrée chez les 13 ans en 2016 et finaliste des 14 ans l’an dernier, Giulia Morlet (N.46, Stade Français, IDF) a parfaitement débuté sa finale. Légèrement outsider malgré son année de plus que son adversaire née en 2003, "Giu" (comme elle se surnomme elle-même sur le court), a pris le jeu à son compte en alternant parfaitement coup droits liftés et revers rasants pour empocher la première manche 6/2 en 47 minutes.

En face, Elsa Jacquemot a commis beaucoup plus de fautes que lors de ses matches précédents. Frustrée, la joueuse du TC Lyon coachée par Mehdi Daouki (All-in Academy) s’est même retrouvée dos au mur lorsqu’après avoir mené 5-2, son adversaire s’est procurée une première balle de match à 5-3 dans le deuxième set. Mais, trop attentiste, la Parisienne a laissé passer sa chance. Il n’en fallait pas plus pour relancer Elsa Jacquemot. Dans une atmosphère électrique, la Lyonnaise, soudain beaucoup plus offensive, s’est offert cinq jeux consécutifs pour recoller à une manche partout.

"J’étais trop passive donc je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même, analysait Giulia Morlet après la rencontre. J’ai eu un gros passage à vide et je n’ai quasiment plus fait de jeu. Mais quand je suis sortie du court à la fin du deuxième set je me suis dit ‘c’est maintenant ou jamais. Si je ne suis pas agressive je ne vais pas m’en sortir’."  Beaucoup plus agressive dès le début de la manche décisive, Giulia s’est rapidement détachée 3-0 mais n’a pas réussi à enfoncer le clou et a, de nouveau, laissé son adversaire revenir à 3-3. "A ce moment-là, je ne me voyais pas gagner le match. Je me suis dit ‘mais quand vais-je réussir à être agressive sur les moments importants ?’ Et puis après, mes coups sont partis, je me suis vraiment énervée. J’ai encore été trop passive sur ma deuxième balle de match mais sur la troisième j’y suis vraiment allée, sans avoir peur de faire la faute. Quand j’ai vu sa balle sortir j’étais hyper contente et soulagée."

Morlet, relancée

Après un début de saison compliqué et très peu de matchs remportés cette année, ce titre de championne de France tombe à pic pour la protégée de Nicolas Pietrowski (qui l’entraîne entre le Stade Français et le CNE). "Je ne m’y attendais vraiment pas car je n’étais pas du tout en confiance et j’ai eu un début de tournoi difficile… J’ai vraiment pris match par match en essayant de toujours rester positive. Cette rencontre est l’une des plus dures que j’ai eue à jouer depuis longtemps. J’essayais de me convaincre que j’étais meilleure qu’elle, même si ça s’est joué à très peu de choses… J’essayais de rester très positive mais j’étais vraiment dans le dur dans le troisième set. Maintenant ça va me donner de la confiance et j’espère faire de bons résultats lors des quatre tournois que je vais enchaîner à partir de la semaine prochaine."

Objectif pour Giulia : entrer dans le top 60 ITF juniors avant la fin de la saison pour disputer tous les tournois du Grand Chelem tout en rêvant d’atteindre un jour la première place mondiale sur le circuit WTA qui la fait rêver depuis toute petite…

 

A Dijon, Amandine Reymond