25/08/18

Une dernière faute adverse et Titouan Droguet en tombe à la renverse. Sur les courts de l'Union sportive du Mans, sa souffrance aura duré plus de trois heures. Trois heures à se battre sous le crachin face à Luka Pavlovic. Trois heures à se battre avec lui-même. Le joueur du TC Saint-Germain les Corbeil a beaucoup pesté, s'est beaucoup plaint auprès de l'arbitre, il a failli mille fois lâcher prise mais il a fini par remporter une victoire qui pourrait compter dans sa jeune carrière (4/6, 7/6 (4), 7/5).



"Mon mental n'est pas mon point fort, je me bats avec ça depuis tout petit. Au début du match, j'avais des mauvaises sensations dans le jeu et ça s'est transformé en un mauvais comportement, comme en demi-finale. J'ai beaucoup râlé, trop, presque à chaque point pendant tout un set… Et puis mon adversaire m'a remis un peu dans le match en commettant deux mauvais jeux. Après ça, je me suis mis à jouer. Je suis content d'avoir gagné et surtout d'avoir réussi a changé d'attitude."



Effectivement, à 6/4, 1-0 break contre lui, le joueur de l'Essonne était au bord de la rupture. Il venait de servir à la cuillère et avait été sanctionné d'un point de pénalité pour un mot malheureux à l'encontre de l'arbitre. Mais Luka Pavlocic, pourtant calme et déterminé dans cette tempête, a commis un très mauvais jeu de service. Le match est alors devenu un énorme combat, avec des hauts et des bas, des rebondissements et quelques points un peu fous. 



A 4-4 au deuxième set, Droguet a sauvé deux balles de break cruciales avant d'arracher le gain du tie-break 7 points à 4. Puis au troisième set, il a fait la différence physiquement, malgré la campagne d'amorties de coup droit de son rival qui aurait pu lui couper les jambes. Mais le talentueux Titouan, entraîné dans son club par Fred Colombelle et par Marc Michaudel à la ligue, voulait vraiment ce titre national.

Fan de Kyrgios et de Fortnite

"Il y a un an, en finale des 15-16 ans à Dijon, j'étais favori et j'avais craqué mentalement…"


Même si des problèmes à la hanche ont handicapé sa saison, Titouan Droguet est un talent indéniable. Fan de Roger Federer mais aussi de Nick Kyrgios, il est fantasque et imprévisible sur le court, comme l'Australien. Service, coup droit, sens du jeu, toucher, ses armes sont nombreuses. Le jeune homme doit apprendre à canaliser son caractère bouillant sur son terrain de jeu favori. "J'avoue entretenir une relation particulière avec le tennis, un peu amour-haine. Pour progresser, je dois travailler mon physique mais je dois aussi apprendre à être plus heureux sur le court."


Ce succès aux "France" apaisera-t-il cet amateur de jeux vidéos et de Fortnite en particulier ? L'avenir le dira mais il s'est déjà surpris lui-même. "Il n'y avait sans doute plus grand-monde pour croire en moi après 1h de match. Même moi je n'y croyais plus beaucoup..." Un bel apprentissage en somme...

Au Mans, Guillaume Baraise