08/12/12

Vainqueur quatre fois de suite de 2006 à 2009 (titres millésimés de 2007 à 2010), le Lagardère Paris Racing avait momentanément abandonné son hégémonie pendant deux ans. Le SCT Levallois (titre 2011) et le TCM Denain (2012) s'étaient invités à la fête. Mais le club le plus titré de ces championnats de France féminins a frappé un grand coup pour reprendre le pouvoir et obtenir le titre 2013. Lors des rencontres de poules, les filles de Camille Pin n'avaient laissé échapper que trois doubles sans enjeu. Dans cette finale face à l'ASPTT Metz, la capitaine du LPR a encore une fois assisté aux sans-faute de ses joueuses lors des simples.

"Le score paraît sec, mais je ne l'ai pas du tout vécu comme ça, modérait Camille Pin. Les filles ont été très pro pour s'imposer."

C'est vrai qu'il  y a quand même eu du suspense ce samedi à Marcq-en-Baroeul. D'abord par que Metz n'était pas là par hasard. Pour s'extraire in extremis (au set average !) d'une poule très relevée, aux dépens notamment de Denain et du TC Paris, les joueuses du capitaine Frédéric Heitz avait pu compter sur Timéa Babos, 67e mondiale. L'absence de la Hongroise, malade, a pesé dans la balance. Cela n'a pas empêché les Messines de prendre le meilleur départ à Marcq-en-Baroeul.

Dans le simple n°2, d'abord, l'Allemande Justine Ozga, 400e mondiale, a mené 4-1 face à Kristina Mladenovic. Mais "Kiki" s'est vite remise dans le bon sens pour s'imposer 6/4, 6/3. "J'étais contente de revenir à la ligue ici, où je me suis beaucoup entraînée, et c'est encore mieux avec une victoire", appréciait la native de Saint-Pol sur Mer, fière de s'imposer chez les Ch'tis.

Hesse renversante

Le tournant, ce fut incontestablement le simple n°4. La Croate Ivana Lisjak, ex 95e mondiale, semblait bien partie pour permettre aux Lorraines d'égaliser à 1-1. Elle a en effet mené 5-1, double break, dans le troisième set face à Amandine Hesse (n°26 française). C'était sans compter sur l'incroyable combativité de la Parisienne (originaire de Toulouse) qui a encore annulé un break de retard à 6-5 avant de s'imposer 5/7, 6/2, 7/6 (2).

"A la fin du match, nous sommes tombées dans les bras les unes des autres car on sentait que c'était le point décisif de la finale, racontait Camille Pin. Amandine est allée chercher cette victoire avec les tripes." "A 5-1 contre moi, j'ai tout donné, je ne voulais rien regretter, s'amusait la n°4 du LPR. J'avais confiance dans les autres filles, mais je voulais moi aussi apporter mon point. Et cette fois, mon caractère m'a bien aidé."

Les embrassades des joueuses du "Racing", alors que le score était seulement de 2-0, étaient légitimes. Tout semblait déjà dit, ou presque. Une heure plus tard, la Tchèque Petra Cetkovska débordait l'Autrichienne Patricia Mayr Achleinter (6/4, 6/3), dans le simple des n°1, pour porter le score à 3-0. Et Claire Feuerstein parachevait le travail en disposant de Céline Cattanéo, 6/4, 6/2. "Les filles m'ont dit que c'était le 43e titre du "Racing", s'étonnait la gauchère, nouvelle venue cette année au sein du club. C'est dingue ! Je suis contente de faire partie de cette histoire." Qui n'est sans doute pas terminée...

(A Marcq-en-Baroeul, G.B.)