21/06/12

L'ancien 87e mondial (en 2002) est présent sur les championnats de France en tant qu'entraîneur du pôle France de Boulouris. "La Coute" nous raconte sa nouvelle vie.

Nicolas, vous êtes aujourd'hui entraîneur au pôle France de Boulouris. Comment avez-vous embrassé cette nouvelle carrière ?
Ça faisait déjà un petit moment que j'y pensais. Au cours de ma carrière, j'ai toujours été supporteur de mes camarades de tournoi. J'aimais bien aller les encourager, analyser les jeux des joueurs… J'ai toujours eu ça en moi. Et quand j'ai arrêté ma carrière en 2008, je me suis tout de suite occupé d'Augustin Gensse. L'an passé, j'ai travaillé avec Olivia Sanchez. J'ai passé ma formation de DE (diplôme d'Etat) à la FFT et ma formation DE de haut niveau ces deux dernières années. Puis en janvier dernier, j'ai intégré l'équipe du pôle France de Boulouris pour remplacer Hervé Gauvain, qui est malheureusement tombé sérieusement malade. Ça fait donc six mois que je suis là-bas en espérant qu'un de ces quatre Hervé vienne reprendre sa place.

 

Le passage d'une carrière de joueur à celle d'entraîneur est facile à gérer ?
Pendant une carrière pro, on se perçoit comme n'étant bon qu'à ça, être joueur de haut niveau. On n'est pas nombreux à avoir de bagage scolaire. C'est la seule chose qu'on ait faite dans notre vie. Puis le moment arrive où on se rend compte qu'il va falloir faire autre chose. Pour moi, ça a été assez naturel. Même quand j'étais encore joueur, je me disais : "Un jour, je serai entraîneur". Ça a été une chance pour moi. Et quand j'ai commencé à entraîner, j'ai été vite pris par le virus. J'en connais d'autres qui n'ont pas ça dans le sang. Quand ils arrêtent le tennis, ils vont devoir trouver autre chose dans un autre domaine. Et ça n'est pas forcément facile.

 

Qu'est-ce qui vous intéresse dans ce rôle d'entraîneur ?
Au pôle France de Boulouris, c'est avant tout de la formation. Ce n'est pas le même aspect du métier que je pratiquais avec Olivia Sanchez l'an passé. Elle était "pro", 120e mondiale, âgée de 28 ans. Ça se jouait plus dans l'accompagnement, le détail tactique, sur l'approche mentale pour qu'elle tire le meilleur d'elle-même. La formation, c'est différent. J'adore ça également. Il n'y a pas que le tennis, il y a aussi l'éducation. En plus d'être entraîneur, on est formateur, éducateur.

 

Quel est la principale facette de votre métier d'entraîneur à Boulouris ?
A Boulouris, on n'a des jeunes nés de 1999 à 1996. Entre un joueur de 13 ans et un autre de 16 ans, les différences sont invraisemblables.  On ne leur parle pas pareil, on ne les entraîne pas pareil. Ce travail d'adaptation est très intéressant. On essaye d'individualiser le plus possible. Tous les jours, on doit se remettre en question pour s'assurer que notre message passe bien et soit assimilé. Nous avons douze jeunes. Ce sont douze profils différents. Pour moi qui commence dans le métier, je ne peux pas rêver mieux ! Mon but, c'est à terme d'être entraîneur sur le circuit "pro" pour retrouver les grands tournois et les émotions que j'ai vécues. Mais travailler avec un joueur avec un style de jeu, ça ne va pas être aussi diversifié qu'aujourd'hui. Là, j'ai des grands, des petits, des gauchers, des droitiers, des serveurs-volleyeurs, des qui restent trois mètres derrière la ligne de fond… Et il faut tous les faire évoluer dans le bon sens. Il n'y a pas mieux comme école pour moi. C'est un super défi. Ces six mois à Boulouris m'ont vraiment fait avancer dans mon métier.

 

En quoi les championnats de France sont-ils intéressants pour un entraîneur ?
C'est une échéance dans l'année pour eux quand même. Ils ont envie de bien faire. Ils se mettent des pressions plus ou moins positives qui les transforment un peu. On joue à Roland-Garros là. C'est super important de faire cette compétition sur ce site-là. Hier (mercredi), j'ai fait un entraînement avec deux joueurs de 13 ans sur le court Suzanne-Lenglen. Quand ils arrivent sur ce court, dans ce stade, on leur donne encore plus envie de rêver. Mais honnêtement, le résultat ici est secondaire. Pour moi, la finalité n'est pas que nos joueurs soient champions de France, mais que dans dix ans, ils soient sur le court Philippe-Chatrier. Par ailleurs, les championnats sont aussi intéressants car on voit tous les meilleurs de chaque catégorie. J'essaie de regarder tous les gamins. C'est très enrichissant. 

Propos recueillis par Benjamin Waldbaum