30/08/14

Petits formats, mais gros caractère : les deux jeunes femmes qui vont se disputer le titre suprême, ce dimanche sur le court n°17 de Roland-Garros, ont un gabarit de poche un peu similaire. Toutes les deux sont aussi des fidèles du circuit CNGT, et deux enseignantes diplômées. Ce sont aussi des athlètes accomplis et de drôles de compétitrices. Mais des différences, elles en ont et le public devrait se régaler avec ce duel qui pourrait durer.

Leurs demi-finales, d'ailleurs, ont été âpres et intenses. La palme revient à Gaëlle Desperrier (photo), qui a eu besoin de plus de 2h30 pour venir à bout de la tête de série n°1 du tournoi, Shérazad Reix (Val d'Oise, n°21), 6/4, 4/6, 6/1. Quand son adversaire à égaliser à un set partout après avoir remis trois smashes dans des positions acrobatiques, Gaëlle a dû garder son calme. "Il a fallu vite évacuer ce point perdu, c'était un peu n'importe quoi, s'amusait après coup la joueuse du Cercle Sportif de Marseille. Mentalement, c'était un combat. Mon adversaire a un jeu usant, il fallait éviter de rentrer dans une filière longue. Ce que j'ai bien réussi au 3e set."

Enseignante chez elle à Lyon, au TC Charbonnières, Gaëlle Desperrier va disputer sa première finale nationale, à 26 ans. Elle vise une accession en première série. "Ce serait une première. J'ai été -15 à 15 ans, ce qui était bien, mais j'ai eu du mal ensuite. Le circuit ITF, ce n'était pas pour moi. Je me consacre au CNGT, mais je suis surtout enseignante depuis 2 ans. L'an prochain, je vais passer mon DES."

En arrivant à Roland-Garros, Gaëlle n'attendait pas d'être à pareille fête. "Je visais les quarts de finale. Mais je suis heureuse de partager ces moments avec mes proches. Je m'entraîne avec Baptiste Frican et Yohann Chartron, je leur fais un petit clin d'œil..."

Védy vise le triplé

Face à elle se dressera demain une jeune femme de 33 ans qui est une figure du "Crit" : Aurélie Védy s'y est déjà imposée à deux reprises, en 2008 et 2011. Pour obtenir le droit de viser le triplé, elle a dominé en demi-finale la "petite jeune" du tournoi, Jessika Ponchet (CBBL, - 30), 7/5, 6/4.

"Je n'étais pas aussi bien que dans mes tours précédents, a reconnu la joueuse du Stade Français. Je n'étais pas agressive, jusqu'à 5-3 contre moi dans le premier set. C'est bien d'avoir gagner en deux sets, car à bientôt 34 ans, on récupère moins bien."

Que pourrait représenter un troisième succès ici ? Aurélie la joue modeste. "Je ne me suis décidée à jouer le ''Crit'' que trois jours avant le début de l'épreuve, car j'ai eu des problèmes aux pieds. Ici, je gère bien le stress. Quand on a eu la chance comme moi de jouer le premier tour de Roland-Garros sur le "Lenglen" face à Marion Bartoli (en 2006), on se dit que c'est plus facile de jouer les championnats de France sur le court n°17."

Enseignante au Stade Français, où elle dispute aussi les matchs par équipes, la gauchère souhaite avant tout prendre du plaisir sur le court. "Je suis une compétitrice, mais aussi une amoureuse du sport en général. J'ai pratiqué le ski, l'équitation, la danse classique… Jouer ce tournoi, c'est avant tout un plaisir." Un plaisir qui lui réussit…