11/02/12 - 22:25

Le contexte

Guy Forget a maintenu sa confiance à la paire annoncée lors du tirage au sort et formée de Julien Benneteau et Michaël Llodra. Refusant de déshabiller Paul pour habiller Jacques, le capitaine tricolore a dédaigné l'option Tsonga, dont le prochain match en simple sera au moins aussi décisif que le double.

Avec 2 victoires (Allemagne et Espagne en 2010) et une défaite (Autriche 2011), le duo Benneteau-Llodra peut peut-être bénéficier d'un surcroit d'expérience et de vécu par rapport à la paire canadienne, un rien plus inédite.

Daniel Nestor était évidemment attendu. Celui que les Canadiens ont appelé "mister Davis Cup" ne pouvait manquer à l'appel tant il semble structurant dans le team Canada. Sélectionné pour la première fois il y a 20 ans – pour info, il battait alors pour son premier match en simple rien d'autre que le n°1 mondial, le Suédois Stefan Edberg – il a participé à 40 rencontres avec un bilan, à date, de 44 victoires pour 19 défaites dont (29/4 en double).

A ses côtés, Martin Laurendeau a choisi d'aligner Milos Raonic. Le garçon a été si formidable hier face à Julien Benneteau, que le bon sens commandait d'en faire le coéquipier de son vétéran, même si les deux hommes ont peu de vécu ensemble (un match gagné face aux Colombiens en 2010). Si ça rigole pour les gars à la feuille d'érable, les Français seront dans de beaux draps.

Le match

L'équipe de France vire en tête dans la rencontre (2-1) grâce une paire Llodra-Benneteau pleine de maîtrise. Plus qu'un outil valorisant, le double demeure l'un des gros atouts de l'équipe de France de Coupe Davis. L'épisode Vancouver n'a pas failli à la tradition et le double tricolore a assommé les Canadiens (7/6(1), 7/6(2), 6/3). Meilleurs dans tous les domaines, les bleus se sont logiquement imposés, même s'il a fallu attendre le jeu décisif lors des deux premiers sets.

1er set : 7/6(1) France
Avec une configuration d’équipe assez semblable des deux côtés - un gaucher spécialiste à gauche - la partie s’avère ultra équilibrée. Au fil du set, les Français semblent à peine plus capables de breaker. Mais sur leurs 4 occasions d’y parvenir, ils échouent. Les Canadiens concentrent leurs trois balles de break sur le service de Benneteau à 2-1, sans plus de succès. Bref, on avance, on avance et le tie break se profile. Particulièrement “focus”, les Bleus, très complémentaires, s’échappent dans cet exercice en gagnant les cinq premiers points. Un dernier passing croisé de Mika donne la manche aux gars du capitaine Forget.

2e set : 7/6(2) France
A 1-0, 30-40 sur le service de Raonic, les Bleus ratent une occasion de se détacher. Ensuite, le match se déroule sur un rythme monotone, chaque équipe assurant son engagement. Pourtant, étonnement, le grand Milos apparaît le plus fragile derrière la ligne de fond au moment de servir. Comme si, dans la nuit, son service canon avait perdu sa norme "iso". Il faut dire aussi que Benneteau, à la relance, distille quelques belles petites pastilles. Ainsi, à 5-4 France, Raonic se retrouve à sauver une balle de set. Le retour inspiré de Llodra, long de ligne, passe d'un souffle au-delà des limites du court. Au jeu décisif, les Français refont le coup du premier set et mènent rapidement, histoire d'éviter des frayeurs inutiles.

3e set : 6/3 France
L'après-midi s'annonçait périlleuse et finalement, elle coule relativement paisiblement. Les Français sont dominateurs et restent toujours un peu au-dessus des Canadiens dans tous les compartiments du jeu. Ils mutualisent... Tantôt Bennet' délivre des aces, tantôt Mika assure au retour, et inversement. L'impression de sérénité grandit après le premier break du match à 1-1, service Nestor. Les Français font la course en tête (3-1, 4-2, 5-3). A les voir se parler, sur le court, Llodra-Benneteau dégagent une belle impression de symbiose. Sur sa chaise, le capitaine n'a même plus besoin d'être force de proposition en matière tactique. "On enquille les gars", semble-t-il se contenter de dire. Histoire d'enfoncer le clou, ils finissent le match en breakant Raonic.