
Louis Borfiga : l'école française au Canada
Formateur à l'Insep des Tsonga, Monfils, Simon… Louis Borfiga est, depuis six ans, en charge de l'élite au Canada.
10/02/12 - 02:20
De 1990 à 2006, vous avez été en charge de la formation des jeunes espoirs français à l'Insep et on vous retrouve au Canada. On aimerait comprendre ?
C'est vrai, ça fait cinq et demi que je suis là. C'était un nouveau challenge. J'avais toujours pensé que c'était important d'avoir une expérience à l'étranger. Quand on est entraîneur, aller à l'étranger ce n'est pas facile. Au fond, je voulais savoir si je pouvais transposer ce que je faisais en France et j'ai relevé le défi. Une nouvelle équipe dirigeante se mettait alors en place avec pour objectif le développement du haut-niveau. Il voulait à tous prix avoir un étranger pour ce poste, pour amener des idées nouvelles. Il a fallu bâtir toute une structure parce qu'il n'y avait pratiquement rien. J'ai commencé à travailler sur un système avec un centre national d'entraînement et un programme complet. Il y avait tout à faire.
Le Canada manquait alors de joueurs de pointe et l'idée était de dénicher des locomotives ?
Ils pensaient en effet que c'était en partant du haut niveau que le tennis allait se développer dans le pays. On allait parler de plus en plus du tennis grâce aux résultats. Il faut reconnaître que c'est ce qui s'est passé. Pour moi, les résultats sont d'ailleurs inespérés. Je ne pensais pas qu'ils seraient aussi bons, aussi vite.
Quelle place occupe le tennis au Canada, par rapport à la France ?
Disons qu'en France, le tennis est un sport vraiment populaire. C'est le deuxième sport français en termes de licenciés. Ici, la discipline émerge. Il n'y a pas de tradition tennistique comme il y a chez nous. Les différences sont importantes et il reste beaucoup de chemin à faire pour les Canadiens.
Ce match vous tient à cœur, j'imagine, peut-être qu'il vous divise ?
C'est une rencontre un peu particulière pour moi en effet. Je me retrouve dans le camp adverse de Julien, de Jo... Du coup, je ne sais même pas comment je vais vivre les matches finalement, comment je vais réagir aux victoires des uns et des autres.