11/02/12

Le contexte

Membre du collectif tricolore depuis 2010, Julien Benneteau dispose, pour la première fois, de la confiance de Guy Forget pour disputer un simple capital dans une rencontre de Coupe Davis. Fort d'un début de saison très réussi (avec une finale à Sydney), Bennet' peut défier les yeux dans les yeux un Milos Raonic lui aussi très en réussite. Le succès initial de Tsonga un peu plus tôt permet en tous cas au Bressan d'être un poil plus libéré. A lui d'en profiter.

Son adversaire n'est pas logé à la même enseigne. Joueur le mieux classé de l'histoire du tennis canadien (29e en ce moment), le grand Milos a-t-il les épaules assez solides, à 21 ans, pour soutenir la pression d'un peuple tout entier ? Il ne va pas falloir trembler. Condamné à la victoire, Raonic compte évidement sur son service surpuissant pour passer en force.

Le match

Injouable au service (24 aces, 69% de premières balles) et surprenant d'efficacité au retour, Milos Raonic a réalisé un match de très haut niveau. Julien Benneteau s'est accroché comme un désespéré. En vain. Il est défait en trois manches (6/2, 6/4, 7/5). Le Canada égalise à une victoire partout.

1er set : 6/2 Canada
Le plus tendu des deux est finalement le Français. Dès le premier jeu, Benneteau commet une double faute à 30-A qui offre une occasion de break à Raonic, que le Canadien saisit comme la patte de l'ours attrape un saumon. Son service répondant à merveille (61% de premières balles), le grand Milos a fait le plus dur dans ce set. Mais au fond, le n°1 canadien n'a pas vraiment besoin d'être opportuniste, car il domine nettement le match. Il frappe bien, passe bien dès que Benneteau s'aventure au filet et surtout surtout, il retourne très efficacement. S'il laisse échapper une balle de 4-1, Raonic breake à nouveau pour mener 5-2 et remporter peu après la première manche.

2e set : 6/4 Canada
Variant un peu plus au service, Benneteau gagne un petite marge de sécurité sur son engagement. Ainsi, il se tient prêt pour tenter sa chance lorsque Raonic sert. Seulement, même s'il ne marche plus sur l'eau, le Canadien reste absolument intouchable quand il engage. Les jeux défilent donc jusqu'à 4-4, service Benneteau. Malheureux, le Français choisit mal son moment pour jouer un poil court et servir moins efficacement. Raonic n'en demande pas tant et breake, ravi de l'aubaine. Le jeu de service suivant du Canadien prend la teinte des montagnes autour de Vancouver : blanc.

3e set : 7/5 Canada
Menant 1-0, Benneteau obtient une balle de break à 30-40. C'est la deuxième fois du match qu'il est dans cette situation, et malheureusement, pour la 2e fois, il ne peut toucher l'engagement du Canadien. Ace, ace, ace. Bennet' en a vu passer des avions durant ce match, mais ces deux là le saignent. Impuissant au retour, le Français ne parvient pas non plus à faire mal au Canadien durant l'échange. Même lorsqu'il parvient difficilement au filet, il se retrouve bien souvent transpercé (64% de réussite seulement, ce qui n'est déjà pas si mal vu le niveau de Raonic aujourd'hui). A 5-5, le Canadien s'évite toutes difficultés éventuelles au tie break en breakant au meilleur moment. A 6-5, Milos lâche son bras comme s'il devait débiter de l'épicéa à la hâche. 229, 208, 222, 219, 230... Ses premières balles dépassent le mur du son. Se jetant à droite et à gauche, Benneteau parvient parfois à retourner miraculeusement. Et puis quand cela ne suffit pas, Raonic sert un nouvel ace en deuxième balle à 190 km/h. Sur balle de match.