05/04/12

Le suspense n'en était plus vraiment un. Arrivé tardivement au Monte-Carlo Country Club mardi soir, Gilles Simon avait mis à profit la journée pluvieuse de mercredi pour s'offrir des séances d'entraînement convaincantes, sur le central puis sur une terre battue couverte. En toute logique, Guy Forget a donc décidé de l'aligner pour affronter John Isner, vendredi.

Ce sera le deuxième simple de ce quart de finale France-USA, puisque c'est Jo-Wilfried Tsonga qui ouvrira les débats, vendredi à 12 heures, face Ryan Harrison. Préposé au tirage au sort, le sociétaire du Nice natation, Yannick Agnel, récent champion de France du 100 et 200m nage libre, en a décidé ainsi.

"Je vais essayer de lui mettre très vite la pression, et on verra comment il réagit, a prévenu le n°1 français. Cette rencontre m'excite, dans un cadre superbe, avec ce beau maillot de l'équipe de France."

Quant à Harrison, qui va fêter à 19 ans sa première titularisation dans un match à enjeu en Coupe Davis, il ne semble pas appréhender ce grand défi. Avec sa grosse voix et ses solides épaules, le 66e mondial a répondu aux questions de la presse sans montrer le moindre signe de fébrilité.

"Le fait d'avoir joué un match pour l'honneur en Suisse, le dimanche à Fribourg, a déjà été une bonne expérience pour moi. J'ai aussi la chance d'avoir un grand capitaine sur la chaise. Avec Jim, on est sur la même longueur d'onde."

La "zénithude" américaine

Il n'en reste pas moins que, comme l'a précisé Guy Forget, l'équipe de France compte bien sur ce premier point. Le deuxième simple s'annonce plus compliqué. John Isner reste sur deux succès face à Gilles Simon, sur dur aux Etats-Unis : à l'US Open l'an passé, et récemment à Indian Wells. A chaque fois, le géant américain s'est imposé de justesse. "J'aurais bien aimé le battre lors de ces deux occasions, mais ces confrontations vont m'aider à bien aborder le match de demain. Sur terre battue, John est presque aussi fort que sur dur. Il glisse très bien. Mais je n'ai aucune douleur, j'ai fait une grosse journée d'entraînement hier. Je me sens bien…"

L'élève de Thierry Tulasne n'a pas encore réussi un gros coup en Coupe Davis (1 victoire, 5 défaites). Mais il y croit fermement et semble très détendu. "La clé du match ? Ben ce sera le retour de service, je suppose", glisse-t-il avec un sourire entendu.

La "cool" attitude, toute l'équipe américaine semble l'avoir adoptée. Son capitaine en tête. Aimable et même plaisantin avec les journalistes, amical avec l'équipe de France, Jim Courier a assurément transmis cette "zénithude" à toute son équipe. Tandis que Mike Bryan a joué une petite blague aux photographes en arborant, comme son frère jumeau, un survêtement floqué d'un "B. Bryan", John Isner aborde son premier match à Monte-Carlo avec envie.

"C'est la première fois que je viens ici, et c'est très agréable de pouvoir jouer dans l'un des plus beaux stades du monde, appréciait le grand ami de Nicolas Mahut. Le rebond est peut-être un peu moins haut que lors de notre victoire à Fribourg, et c'est peut-être un peu moins bon pour moi. Mais il y a beaucoup moins de faux rebonds. Je suis très heureux de disputer cette rencontre, vraiment."

Les deux équipes ont donc abattu leurs cartes. Avec confiance. Mais il n'y aura qu'un vainqueur, dimanche soir. Ou peut-être avant. Ou peut-être plus tard, si la météo s'en mêle…