26/01/16 - 09:45

Comment décririez-vous votre poste au sein de l’équipe de France ?
Au-delà du titre de capitaine adjoint, je dirais que c’est beaucoup de liens, de relationnel entre tous les gens impliqués au sein de l’équipe de France de Coupe Davis, notamment les joueurs et les coaches. Ça rejoint un peu le travail de Loïc (Courteau, entraîneur) mais avec des décisions à la fois sur et en dehors du court. A l’arrivée je fais le lien avec Yannick (Noah), et aussi avec la Fédération. C’est un poste assez large, mais très lié au terrain.

Dès votre prise de fonction, vous avez donc pris contact avec chaque joueur et chaque coach ?
Oui, depuis le mois d’octobre il y a eu pas mal de discussions. Et j’ai essayé d’aller sur le terrain. L’important est de connaître les protocoles des uns et des autres. Comment aiment-ils s’entraîner ? Que travaillent-ils en particulier ? Où en sont-ils ? L’idée est d’avoir ces infos afin de ne pas taper à côté quand on sera réuni. On essaie de gagner du temps pour être le plus efficace possible. Même si nous (le staff), on aura forcément un autre regard que leurs entraîneurs privés. On fera notre propre sauce.

Cet Open d’Australie est le premier tournoi que vous suivez sur le terrain. Comment cela s’est-il passé ?
Tout s’est fait assez naturellement. Les matches des Français étaient assez étalés donc c’était pratique. On ne s’est pas réparti les matches à voir avec Loïc, tout s’est fait naturellement. On n’a pas besoin de fonctionner de manière trop formelle. Sur un tournoi comme ça, il y a un « Players Lounge », les gars passent de temps en temps, on discute cinq minutes, de tennis et d’autre chose. Encore une fois, tout ça est naturel, même si de temps en temps on doit provoquer un peu plus les choses.

Les joueurs acceptent-ils facilement de se livrer auprès de vous ?
Chaque joueur est différent. L’idée ne doit pas être de les déranger dans leur routine, surtout sur un Grand Chelem. Cet Open d’Australie était le point de départ, mais petit à petit une relation va forcément se créer, donc on ne sait pas comment ça se passera à l’avenir.

Regardez-vous les matches d’un œil différent ?
Bien sûr. Travailler en média, comme je le faisais avant, c’est autre chose. Aujourd’hui j’ai besoin de voir le côté moins visible des choses. Qu’est-ce que font les joueurs ? Comment sont-ils physiquement ? Il faut comprendre comment les joueurs travaillent. J’ai donc besoin de connaître le côté un peu moins visible du grand public. Et forcément, quand je regarde un match, je l’analyse différemment.

Faites-vous un rapport journalier à Yannick Noah ?
Ça se fera naturellement quand je rentrerai en France. On fera un point ensemble, pour lui dire mon ressenti. Lui regarde les matches, mais je ne l’appelle pas tous les jours. On n’est pas à l’école (rires).

Est-ce difficile de pousser les coaches privés à partager les informations ?
Je dois dire que jusqu’ici tout est très positif. Tous les coaches ont été ouverts. Il y a eu un bel échange. Maintenant, si un joueur ou un entraîneur décide d’être un peu plus dans son coin, on le respecte aussi. Il faut accepter le fonctionnement de chacun. Tout va se développer dans le temps, et j’espère qu’une relation de confiance va s’installer.

(A Melbourne, Arthur Pralon)