27/01/16 - 10:56

Vous rappelez-vous du contexte de ce premier tour face au Canada en 2012 ?
Je me souviens surtout que Gaël Monfils avait disputé le tournoi de Montpellier la semaine juste avant, et ça m’avait bien irrité (rires). Il m’avait dit : "T’inquiètes pas, je vais venir !", mais avec le long voyage et le décalage horaire, ce n’était pas l’idéal. En plus il avait bien joué à Montpellier, mais en finale il s’était un peu blessé. A l’arrivée il avait failli ne pas venir et il était finalement arrivé à Vancouver vraiment tard. Ça m’avait beaucoup contrarié. Du coup je ne l’avais pas aligné le vendredi et je l’avais gardé au cas où pour un cinquième match décisif le dimanche.

Dans quel état d’esprit aviez-vous abordé la rencontre ?
C’était une rencontre délicate. Pour battre les Canadiens chez eux, en indoor, j’avais besoin de toutes les forces en présence. Mais on s’était bien entraînés, l’ambiance était bonne. Raonic n’était pas aussi dangereux qu’aujourd’hui, mais il était déjà bon. Le dimanche, il devait affronter Jo mais il avait déclaré fortait, et après coup les Canadiens avaient découvert que c’était un mauvais diagnostic de leur médecin et que Raonic aurait très bien pu jouer. Nous, ça nous avait arrangés ! C’était une rencontre piège par excellence et pour moi, c’était surtout le point du double qui était crucial. J’avais donc titularisé Mika et Bennet car je savais qu’ils étaient bien huilés et qu’ils ne passeraient pas à travers.

Selon vous, le Canada est-il plus fort aujourd’hui ?
Un peu plus, oui. Mais le fait de jouer sur terre battue extérieure est un avantage pour nous. En indoor chez eux, ça serait une affaire différente, surtout avec Raonic. Sur terre battue, ses armes sont forcément moins fortes. Il reste un bon joueur, mais s’il y a une surface en particulier où l’affronter, c’est la terre battue. En indoor, avec son gros service, pfff…. Là, en Guadeloupe, il y a toujours du vent, et Raonic a un très grand lancer de balle. Donc il ne plantera pas 45 aces. Et sur terre battue, ça glisse, donc il fera des fautes. Gaël a par exemple beaucoup plus de chances de le battre sur terre battue extérieure qu’en indoor comme à l’Open d’Australie (lors de leur quart de finale, le toit était fermé en raison de la pluie).

Et Pospisil ?
Son principal défaut, c’est qu’il ne se déplace pas très bien. Et sur terre, ça lui cause encore plus de problèmes. D’ailleurs il n’a jamais fait de réels résultats sur cette surface.

La France est selon vous favorite de cette rencontre ?
Oui, c’est sûr. Attention, les Canadiens ont du talent, mais si on fait une rencontre solide, sans prendre l’adversaire à la légère, on devrait gagner.  

Regrettez-vous de ne jamais avoir disputé de rencontre dans les DOM-TOM ?
Non, car partout où on a joué, dans chaque région de France, on a eu un accueil formidable. Jamais je n’ai regretté un seul lieu. On a cette chance, en France, d’avoir, en partie grâce à vous les médias, cette culture de la Coupe Davis, qui est toujours mise en valeur. Et le public vient toujours pour suivre l’aventure.

(Recueilli par Arthur Pralon, à Melbourne)