18/01/16 - 11:49

Double-championne olympique, sextuple championne du monde, celle qu’on surnomme "La Guêpe" et qui est aujourd’hui encore très impliquée dans la vie sportive française, évoque avec enthousiasme cette belle vitrine que représente l’organisation d’un tel événement par son île d’origine. La Coupe Davis en Guadeloupe, Laura Flessel s'en réjouit !

Que représente pour la Guadeloupe le fait d’accueillir le premier tour de Coupe Davis France-Canada le premier week-end de mars ?
La Guadeloupe est une véritable pépinière de sportifs de haut-niveau, de champions. Quelque part c’est une reconnaissance. Pas seulement pour le tennis antillais mais aussi pour le sport en général. On est un département situé à près de 7000 km de la métropole et c’est vrai qu’à cause de cette distance, on se sent souvent oubliés. C’est un beau clin d’œil que de pouvoir accueillir cet événement. Souvent il y un déracinement obligatoire pour connaître la vie de haut-niveau et le fait d’organiser cette rencontre en Guadeloupe nous encourage à travailler comme un département et non comme une île excentrée. Quand on parle d’inclusion par le sport c’est aussi une belle image qu’on donne. 

Qu’attendez-vous de cet événement ?
Ce qui peut être intéressant c’est toute la communication qui sera faite en amont et en aval de cette rencontre pour inciter à la pratique du tennis et du sport en général. Lorsqu’on connait le pourcentage d’obésité, qui est en augmentation en France aujourd’hui, on se rend compte qu’il faut vraiment inciter les gens à pratiquer un sport et il faut se servir de toutes les occasions pour sensibiliser le public. C’est un sujet sur lequel je travaille beaucoup en ce moment et cette rencontre peut servir d’électrochoc pour favoriser la pratique sportive. C’est aussi pour cela qu’il est très important qu’il y ait des événements de cette envergure sur nos îles.

J’espère aussi qu’une partie des infrastructures aménagées pour l’événement pourront être conservées pour permettre de favoriser la pratique sportive parce qu’on manque parfois d’installations adéquates. On a besoin de ça, comme beaucoup de départements, et le fait d’organiser une manifestation internationale peut aider à faire bouger les choses.

Gaël Monfils dont le père est guadeloupéen et la mère martiniquaise pourrait faire partie de l’équipe de France lors de cette rencontre. Que cela peut-il représenter pour lui et le public ?
C’est toujours une fierté de jouer devant son public. Il y a un complexe sportif qui porte le nom de Gaël Monfils à Colin Petit-Bourg. Il est aimé et s’il est là, la population sera ravie d’être derrière lui. Yannick Noah est lui aussi très populaire Outre-mer. Nous sommes une île de champions, une île de sport, on n’est pas restés seulement autour du cyclisme ou du football, on a des champions dans toutes les disciplines ou presque et on aime la compétition. La population guadeloupéenne sera complètement derrière l’équipe de France quoiqu’il arrive et d’autant plus s’il y a parmi les joueurs quelqu’un qui représente notre département.

Et vous, ferez-vous le déplacement en Guadeloupe du 4 au 6 mars prochain ?
Si on m’invite j’y serai évidemment. Avec grand plaisir !

(recueilli par Amandine Reymond)