26/11/17

Avant Lucas Pouille, le dernier héros de l’équipe de France de Coupe Davis s’appelait Nicolas Escudé. Le Palois avait été vainqueur en ouverture (face à Lleyton Hewitt) puis en fermeture (face à Wayne Arthurs) d’une finale face à l’Australie qui avait mené les Bleus vers un neuvième Saladier d’Argent. Qui serait –et cela, personne n’aurait pu le deviner alors- également le dernier avant longtemps. Trop longtemps.

Nous étions en 2001 et seize ans allaient s’écouler sans que la France ne parvienne à réitérer l’exploit, en dépit des forces extraordinaires présentes dans le vivier français, tellement riche. Seize longues années pendant lesquelles les espoirs tricolores seraient régulièrement allumés puis éteints.

“On espère tous qu’ils vont mettre fin à ces seize années d’attente, avait lancé ‘le Scud’ en début de journée de dimanche, moi le premier. C'était déjà le cas en 2010 (finale contre la Serbie), en 2014 (finale contre la Suisse) et là, je n’en parle même pas… Je n’espère qu’une chose c’est que ce Saladier, que l’on voit sur le court là-bas, il reste en France!“

Ses vœux -et ceux de tout le public français- ont donc été exaucés ce dimanche au Stade Pierre-Mauroy de Lille, le signe indien a été vaincu. Le dixième titre est enfin arrivé et les larmes ont encore coulé. Mais de joie, cette fois. Ni rage ni déception : du bonheur pur. Celui de renouer avec la victoire dans la plus belle compétition par équipes du monde. Et de voir les Tsonga, Pouille, Gasquet, Herbert, Simon, Mahut, Chardy, enfin toucher du doigt leur rêve ultime.

"La victoire du tennis français"

“C’est la victoire du tennis français, cela faisait très longtemps qu’on l’attendait, a justement analysé Emilie Loit. Cette génération avait besoin d’un grand titre, aujourd’hui, ils l’ont et ça, c’est fabuleux.“ Un titre remporté en équipe, au terme d’une campagne 2017 qui aura vu les quatre hommes retenus par Yannick Noah pour être alignés dans cette finale face à la Belgique, apporter chacun leur pièce à l’édifice : Jo-Wilfried Tsonga le vendredi, Richard Gasquet et Pierre-Hugues Herbert le samedi, Lucas Pouille le dimanche.

Mais cette campagne n’aurait bien évidemment ni pu ni su être la même sans Nicolas Mahut et Julien Benneteau, retenus dans le groupe des six qui a participé au stage préparatoire (et joueurs lors de cette campagne 2017) et qui ont tout donné sur le banc pour encourager leurs partenaires, tout au long du week-end. Pas plus qu'elle n'aurait connu la même réussite sans Gilles Simon et Jérémy Chardy, respectivement titulaires au Japon pour le premier tour et à Rouen pour le quart de finale contre la Grande-Bretagne.

"Cette culture de la gagne va se répandre“

“Notre équipe était magique, s’est enthousiasmé le Directeur du Haut Niveau Thierry Champion. C’était la patte de Yannick, ce mélange entre ancienne génération, nouvelle génération et puis tous ceux qui ont gagné avant. Il a réussi à rassembler pour finalement gagner.“ Et Amélie Mauresmo de confirmer, en soulignant le cran du benjamin de l'équipe, qui a donc apporté le troisième point à la France . “Lucas Pouille a été extraordinaire, a confirmé l’ancienne capitaine de Fed Cup. Il a saisi sa chance, il a pris cet événement à bras le corps. Il a été incroyable. Il est peut-être aussi l’énergie nouvelle qui manquait à cette génération pour chercher le trophée.“

Une dynamique désormais lancée, mue par l’envie d’“Agir et Gagner“ ensemble. “Il y avait des jeunes des équipes de France qui étaient là dans les tribunes, s’est réjoui le Président de la Fédération française de tennis Bernard Giudicelli, avec leurs survêtements et qui en étaient fiers. On a une équipe qui a gagné et cette culture de la gagne maintenant, elle va se répandre dans toute notre Fédération.“

(Myrtille Rambion, à Lille)