05/02/12 - 17:42

- Alizé, vous avez perdu, pourtant on se dit que vous n’avez pas grand-chose à vous reprocher…
- C’est gentil, merci. Mais si, quand même. Comme j’ai dit à l’équipe après le match, je n’ai pas été faible, mais je n’ai pas été forte. Et ça, je peux vraiment me le reprocher. Plus le match durait, plus j’avais ma chance. J’ai fait une très bonne entame de match. Malheureusement, je n’ai pas continuée sur cette lancée dans le premier set et je l’ai perdu. Mais au deuxième set, j’avais vraiment envie de continuer à lui rentrer dedans. Ce n’était pas loin, ça s’est joué à deux ou trois erreurs que je n’ai pas le droit de faire. C’est vraiment rageant, il y avait de quoi faire aujourd’hui. C’était un match décisif, où je pouvais remettre mon équipe à égalité. Encore une fois, je me sens coupable. Je vais essayer de rebondir.

- Quand et comment avez-vous appris que vous joueriez aujourd’hui ?
- On en avait toutes une petite idée dès mercredi soir. Je savais que potentiellement, je pouvais jouer dimanche, que c’était un choix tactique du capitaine. J’ai eu la confirmation hier soir. Evidemment, au vu du match que Virginie avait fait hier, j’étais un peu tendue. Je me demandais si j’allais être autant à la hauteur qu’elle, si le capitaine n’allait pas regretter son choix. Mais bon, j’ai vraiment essayé de ne pas avoir trop d’états d’âme sur le terrain, je me suis sentie assez bien dès le début, je n’étais pas trop stressée. J’ai essayé de jouer mon jeu mais des matches à ce niveau-là, j’en faisais des tas en 2008 et 2009 et puis maintenant, j’en joue une fois toutes les « Saint Frusquin » (sic) ! Je ne suis plus habituée à cette vitesse de balle… Mais plus le match durait, plus je me sentais bien. C’est un cercle vertueux : plus on fait des matches à ce niveau, plus on sent que ça revient. Il me manque vraiment des matches contre des filles du Top 20 ou du Top 30.

- Comment analysez-vous ces points ratés pour revenir dans le deuxième set ?
- Ca se joue déjà à 4-4. Je suis à un mètre du filet, elle est à un mètre du filet et je lui joue dessus alors que je dois l’allumer. Je ne dois pas être gentille ! Je suis trop gentille. Dominika, quand elle a eu la même balle contre Pauline, elle lui a mis presque dans la tête. Moi, je suis trop gentille. Je ne manque pas de « niac », mais c’est un point à terminer. Cela devrait faire
5-4 pour moi… Ensuite sur le jeu suivant, elle a très bien servi. Et je rate cette volée liftée qui est dans le bon sens, dans la bonne dynamique, mais je ne dois pas la rater. Une fille très forte ne rate pas ce genre de volée…  C’est dommage parce que, à 5 partout, le match était reparti.

- Quand on vous a confirmé votre sélection hier soir, vous ne doutiez pas de vous ?
- Non. Toujours un peu, bien sûr, mais je me sens bien dans mon tennis en ce moment. Je savais que je pouvais tenir la baraque et je sentais au plus profond de  moi que je pouvais gagner ce match. Je le pense encore maintenant, c’est pour ça que je suis très déçue. Il y avait une chance et j’avais très envie de gagner ce match et de rapporter un point à l’équipe. C’est vraiment dommage.
 
- Comment expliquez-vous le premier set un peu plus lent ?

- Ca donne 6-3 à l’arrivée mais ce n’est pas très révélateur, parce que c’était très serré au début. J’arrive à breaker. Elle, elle joue bien mais je tenais ma ligne et j’arrivais à ne pas me laisser déborder. Puis à 3-3, j’ai joué plus court, plus au centre. De son côté, elle a très distribué avec son coup droit et avec son revers. C’est vrai que j’ai alors commencé à plus courir après la balle. Ensuite, je me suis fait breaker au premier jeu du deuxième set et ça c’est vraiment dommage. Voilà, ce sont des petites choses, mais au final, ça fait 6-3 6-4 alors que j’ai l’impression que c’était assez accroché. Le score n’est pas très révélateur…