22/01/16 - 10:08

 
Marseille, qui accueille le premier tour de la Fed Cup, est évidemment une ville de football. Mais c'est aussi plus généralement une ville de sport, et le tennis y tient une place très importante, qu’il s’agisse d'une pratique amateur ou de très haut niveau.
 
Difficile d’aller contre le fait que Marseille soit d'abord et avant tout une ville de football. Dans la cité phocéenne, on joue au foot dans tous les quartiers, au coeur des cités des quartiers Nord bien sûr, mais aussi dans les cours de récréations des écoles privés du 8e arrondissement, le secteur le plus huppé de la ville, là où, depuis 1937, se dresse le stade Vélodrome.
 
C’est d’ailleurs à deux pas de cette enceinte mythique que se trouve le tennis-club de Marseille. Le plus vieux club de la ville fut fondé en 1894 par une poignée de passionnés. C’est là que Pierre Forget fut un professeur de tennis exemplaire pour des générations de Marseillais... mais aussi pour son fils Guy. L’ancien capitaine de Fed Cup et de Coupe Davis a grandi à quelques centaines de mètres du club qui accueille chaque printemps depuis 1997 un ITF féminin de 100 000 dollars, que les joueuses de l’équipe de France actuelle connaissent par coeur pour y avoir fait leurs armes.
 
Guy Forget ne fut pas le seul numéro 1français membre du TCM puisque Sébastien Grosjean en a aussi porté les couleurs, tout comme l’ancien numéro 5 national Bernard Fritz qui fut le coach de "Seb" au tout début puis à la fin de sa carrière, et qui s'occupe aujourd'hui de l'organisation de nombre de tournois professionnels dans les Bouches-du-Rhône (ITF de Marseille, mais aussi Challengers de Saint-Rémy et Aix-en-Provence) .
 
Grosjean et Clément comme locomotives
 
D’ailleurs, si le tennis se porte toujours aussi bien à Marseille, c’est aussi parce que Grosjean, tout comme son voisin aixois Arnaud Clément, ont servi de locomotives dans les années 2000. Ils ont toujours fièrement défendu et affiché leur appartenance méridionale, contribuant largement au développement de l’Open 13, l’ATP 250 porté par Jean-François Caujolle depuis 1993.
 
Caujolle, autre joueur marseillais emblématique, membre de l’équipe de France de Coupe Davis, a toujours oeuvré pour le développement du tennis de haut niveau dans sa ville. 
 
Au début des années 90, il crée le trophée Alcatel, exhibition pré-Roland Garros, où il parvint à faire venir pour la première fois à Marseille Ivan Lendl, Mats Wilander et Andre Agassi, cheveux longs et short en jean…
 
La réussite de Caujolle avec l’Open 13, dont il est propriétaire avec sa famille et ses proches, a définitivement fait de Marseille une étape incontournable sur la planète tennis. Le tournoi compte à son palmarès Roger Federer, Boris Becker, Evgueni Kafelnikov, Andy Murray, Juan Martin del Potro, mais aussi Arnaud Clément ou Jo-Wilfried Tsonga… La 24e édition aura lieu dans la foulée du premier tour de Fed Cup, du 15 au 21 février au Palais des Sports.
 
Particulièrement gâté en termes de tennis de haut niveau, le public marseillais est devenu connaisseur et exigeant dans une ville où la pratique du tennis est par ailleurs très développée, puisque la cité phocéenne compte à elle seule 15000 licenciés. 
 
Quand tennis rime avec Pastis
 
Les tennismen marseillais de tous âges sont d’ailleurs des milliers à disputer chaque année le circuit tennis "La Provence Région Paca", circuit régional qui fédère l’ensemble des tournois de la Ligue de Provence et dont les vainqueurs remportent un week-end VIP lors des trois derniers jours de Roland-Garros.
 
"A Marseille, si on aime le tennis c’est aussi parce qu’on peut y jouer toute l’année dehors, il fait beau chez nous. On a peu de courts couverts mais on fait avec", précise un retraité assidu croisé dans les allées du Stade Marseillais Université Club (Smuc), là où, comme dans beaucoup de clubs-house, tennis rime avec Pastis en fin de matinée.
 
A Marseille, on aime cultiver les clichés et on supporte évidemment l’OM. Mais on aime le tennis avec la même passion, comme l'équipe de France de Fed Cup va pouvoir le constater. Car l'événement est de taille : c'est la toute première fois que la cité phocéenne va accueillir une rencontre de Fed Cup, la Coupe Davis n'étant quant à elle venue qu'une fois, en 1983...
 
(Christophe Vallette)