04/02/16 - 12:19

Elle a connu les années creuses de la France en Fed Cup, et si l’équipe n’est pas descendue plus bas que la deuxième division entre 2010 et 2012, c'est en bonne partie grâce à elle : pilier de l’équipe nationale dans ces années entre le cycle "Amélie Mauresmo joueuse" et celui d'Amélie Mauresmo capitaine, qui mieux que Pauline Parmentier peut mesurer l'extraordinaire chemin parcouru par les Bleues en l’espace de seulement trois ans ? Des barrages pour ne pas descendre en troisième division aux portes de la finale, retour avec elle sur un quinquennat durant lequel l’équipe de France sera passée par toutes les émotions.

"De voir les résultats maintenant quand on sait par où nous sommes passées, c’est encore plus beau. A une époque, on a frôlé la cata." La "cata" dont parle Pauline Parmentier, c’est le Groupe III mondial de Fed Cup et sa structure alambiquée de phase de poules par zone géographique, dont il est extrêmement difficile de s’extirper une fois que l’on y est tombé.

Deux fois, la France a joué pour ne pas y descendre. C’était il n’y a pas si longtemps, en 2012 et 2013. La première, face à la Slovénie, Pauline la Nordiste était numéro 1 de l’équipe appelée à jouer ce véritable "match de la peur" et, sur le terrain, avait assumé ce statut en portant l’équipe de France vers la victoire… et le maintien dans l’antichambre de l’élite.

Autant dire que l'ex-40e mondiale, 119e aujourd'hui, est la mieux placée pour évaluer à sa juste valeur le chemin parcouru par cette équipe de France revenue en finalement peu de temps au premier plan, parmi les 8 (et même 4 en 2015) nations mondiales. "Quand on se voyait il y a quatre, cinq ans, c’était difficile de nous imaginer si compétitives, si vite, juge-t-elle. Après la retraite d’Amélie Mauresmo et des autres filles de sa génération, il y a eu un vide. Il suffit de regarder les classements : quand nous jouions le maintien ces années-là, nous étions à notre place. En fait, avec cette équipe-là, on s’en sortait même plutôt bien."

Allemagne 2010, Slovénie 2012 : Parmentier en sauveuse

Pauline Parmentier a été de tous les sauvetages. Barrages de Groupe mondial en 2010 : sa victoire sur l’Allemande Julia Görges permet d’arracher un double décisif remporté ensuite par Alizé Cornet et Julie Coin. Barrages du Groupe II en 2012 : ses deux points en simple face à la Slovénie valent un 3-0 pour la France, Virginie Razzano apportant le troisième.

"Du fait qu’aucune fille ne se détachait, le groupe tournait beaucoup, aussi, reprend Parmentier. Le capitaine Nicolas Escudé avait récupéré une situation compliquée, un plan galère, et malgré ça on a réussi à limiter la casse, même si ce n’était pas suffisant pour répondre aux attentes de l’extérieur vis-à-vis de l’équipe de France et de son histoire. Mais avec le groupe dont nous disposions, c’était beau ce que nous faisions ! On a fait le dos rond en attendant des jours meilleurs."

Et cela a permis de passer le témoin dans de bonnes conditions à la génération suivante : "En 2013 déjà, même on joue encore les barrages du Groupe II, les choses commençaient à changer : Kristina et Caroline arrivaient, Alizé a commencé à se libérer en Fed Cup… Il y a eu une dynamique positive qui s’est enclenchée autour d’Amélie, et les résultats ont suivi en même temps que les classements des filles montaient."

"Des années difficiles, qui donnent encore plus de saveur au truc vraiment beau qui s’est construit maintenant"

Aujourd’hui, trois ans à peine après avoir joué pour ne pas descendre dans le Groupe III, la France est à nouveau en droit de rêver à la victoire finale en Fed Cup. Et Pauline Parmentier, 30 ans, est toujours de la partie, "même si à présent je suis plus souvent hors du terrain que dessus. Mais je le vis bien. Je suis à fond avec les filles, je fais tout ce que je peux pour les soutenir tout en me tenant prête à entrer sur le terrain si on me le demande."

"Quand je regarde mon parcours en Fed Cup, c’est une fierté. Ces victoires ric-rac contre la Slovénie et l’Allemagne, ce sont des matchs qui marquent… et des moments fabuleux à vivre. C’étaient des années difficiles, mais ça donne encore plus de saveur au truc vraiment beau qui s’est construit maintenant. Quand tout est beau, tu finis par ne plus t’en rendre compte. Là, on ne peut pas oublier d’où on vient. Si on finit par gagner cette Fed Cup et que je suis encore dans l’équipe à ce moment-là, ça sera le "kiff" ! Cela bouclerait une sacrée aventure."

(Guillaume Willecoq)