03/02/16 - 18:01

France – Italie en Fed Cup, c’est un souvenir frais dans les mémoires. C’est le cas aussi pour vous et vos joueuses ?

Bien sûr. Nous avons vécu un moment exceptionnel l'an dernier. D’abord parce que jamais l’équipe de France n’était revenue de 0-2 pour l’emporter, et ensuite car cela crée forcément des liens entre ceux qui ont vécu ce moment. Il n’y a rien de plus fort pour souder une équipe. L’autre point positif, c’est que cela nous donne une certitude : peu importe le scenario du week-end, on pourra toujours y croire. Inversement, côté italien il y aura peut-être un sentiment de revanche fort et donc un supplément d’âme. J’imagine que Corrado Barazzutti va se servir de cette déconvenue de l’an dernier pour rebooster ses troupes. Ce serait la logique des choses, en tout cas…

Les deux collectifs, au sens large, se connaissent bien. Quelles vont être les clés de la rencontre et, à l’opposé, les différences que vous voyez entre les deux équipes par rapport à Gênes l'an dernier ?

Quand on compare les deux équipes, l’Italie a toujours l’avantage de l’expérience, ça c’est indéniable… et encore plus en ayant rappelé Francesca Schiavone dans l’équipe. Elle a réalisé de grandes choses par le passé, en particulier en Fed Cup, et même encore maintenant, il ne faudra pas se fier à son classement si jamais elle est alignée sur le terrain, le plus probablement en double – même si le capitaine peut toujours nous réserver des surprises et tenter un "coup" en simple. De notre côté, la jeunesse amène la fougue, l’insouciance… On pense pouvoir rééditer ce qu’on a fait l’an dernier, et si on peut éviter les sueurs froides du samedi à Gênes ce sera encore mieux (sourire) !

En tant que capitaine de Fed Cup, vous avez dû être ravie de voir Kristina Mladenovic et Caroline Garcia entreprendre de jouer le double ensemble à l’année sur le circuit…

Ensemble ou pas ensemble, personnellement, j’étais déjà contente qu’elles jouent le double à l’année, et non seulement elles deux mais aussi toutes les joueuses du groupe, puisque Alizé Cornet et Pauline Parmentier le font aussi régulièrement. Je n’ai pas eu à pousser aucune d’entre elles pour qu’elles pratiquent le double sur le circuit. En plus, cette équipe-là, je pensais déjà que ça serait mon "équipe-type", même si je n’oublie pas que lors des trois dernières rencontres où le double a été décisif, nous avons gagné avec des équipes différentes (Mladenovic-Garcia contre l’Italie en 2015, Garcia-Razzano contre les Etats-Unis en 2014 et Mladenovic-Cornet contre la Suisse en 2014, ndlr). J’étais contente qu’elles jouent le double, donc, et j’étais également contente qu’elles jouent l’une à droite et l’autre à gauche. A partir de ce moment-là, je savais que tout pouvait très rapidement fonctionner en Fed Cup. Après, sans doute que c’est encore mieux qu’elles aient ensemble les automatismes d’une paire de double rodée. D’autant qu’elles ont tout pour devenir une des grandes équipes du circuit.

(Propos recueillis par Guillaume Willecoq)