21/03/16 - 14:04

Le témoignage d'Alexandra Fusai est intéressant à plus d'un titre, puisqu'elle est aussi originaire de Nantes et que c'est la ligue des Pays de la Loire qui va accueillir la demi-finale France - Pays-Bas.

Quels souvenirs vous reviennent de cette victoire en 1997 aux Pays-Bas ?

La balle de match de Sandrine (Testud). Là, on se dit : 'On a gagné !' C'est vraiment magique. C'est un moment à part, il y a quelque chose de plus fort que tout, parce qu'on joue pour son pays et qu'on le partage avec les autres joueuses, avec le staff, avec les supporters. Ça lie pour toujours. C'était aussi la toute première Fed Cup remportée par la France.

Avoir pour capitaine un vainqueur en Grand Chelem, comme Yannick Noah à l'époque, comme Amélie Mauresmo aujourd'hui, est-ce un vrai plus ?

Absolument. Ils savent ce qu'est l'excellence. Ils connaissent les détails qui, à un moment, feront la différence. C'est également un état d'esprit à part autour de la culture du « no limit ». Ils ont vécu ce moment que peu de joueurs touchent finalement, celui où l'on gagne un Grand Chelem. Ils savent quand il faut donner plus, ils sont conscients de l'exigence que cela demande, ils connaissent parfaitement toutes ces choses ce qu'il faut répéter quotidiennement pour y arriver.

Cette équipe de France de Fed Cup semble franchir des caps à chaque rencontre...
L'équipe grandit, accompagnée de l'expertise d'Amélie et de son staff. Elle est composée de joueuses jeunes qui la portent – Kristina Mladenovic, Caroline Garcia et Alizé Cornet –, aidées par l'expérience d'une Pauline Parmentier, sans oublier Océane Dodin qui est arrivée cette année. Amélie, elle, a mis en place son cadre et tout fonctionne parfaitement. Il y a eu un premier déclic quand elles sont remontées dans le Groupe mondial. Puis l'année dernière, quand elles ont gagné en Italie après avoir été menées 2-0. Une véritable équipe s'est formée avec les différences et les singularités de chacune. C'est aussi ça la force de ce groupe. Franchir ces étapes, gagner ensemble, en apportant chacune leur pierre à l'édifice… Elles sont dans une dynamique très positive et je pense qu'elles sont en train d'écrire une page importante de leur histoire en Fed Cup.

Peuvent-elles gagner cette Fed Cup dès cette année ?

Bien sûr ! Elles sont capables de battre les meilleures à tout moment. Il leur manque un peu de constance en Grand Chelem, mais elles ont les qualités, dans leur jeu et dans leur façon d'être. 
Le fait que Caroline et Kristina jouent en double ensemble est une très bonne chose également. Elles sont complémentaires et constituent un double fort, solide. Quand on arrive sur une rencontre avec ce bonus là, cela apporte une certaine sérénité. Enfin, il y a un très bon amalgame. C'est ce qu'avait réussi à faire Yannick, et Amélie avec toute son équipe y est parvenue également, en mettant un cadre de fonctionnement au sein du groupe: tout le monde se respecte, tout le monde a sa place et le groupe avance.

Avant de penser à la victoire, il faudra se méfier des Pays-Bas...
On a vu au premier tour ce qu'elles ont réussi à faire en Russie ! Si on regarde le circuit, il n'y a pas photo, la france doit passer. Mais il va falloir prendre cette rencontre avec beaucoup d'humilité. Tout le monde aura à coeur de franchir cette étape. Les filles devront se surpasser, rester dans ce qu'elles savent bien faire, sur chaque point. Elles en sont parfaitement conscientes.

Propos recueillis par E. Couderc