21/04/17 - 18:49

Titrée pour la première fois sur le circuit principal à Saint-Pétersbourg début février, finaliste à Acapulco, demi-finaliste à Indian Wells… Kristina Mladenovic a vraiment passé un cap cette saison pour atteindre le 18e rang mondial, meilleur classement de sa carrière, le 20 mars dernier. 19e cette semaine, la Nordiste est une nouvelle fois la joueuse numéro un de l’équipe de France de Fed Cup pour la rencontre de barrage contre l’Espagne. Un statut que la joueuse assume parfaitement.

"C’est une force tranquille et j’imagine que ça rassure les autres joueuses de l’équipe, confirme Pierre Cherret, entraîneur de l’équipe de France. Elle assume son statut, elle se sent bien au sein du groupe et elle communique bien avec Yannick. Et cette année elle a vraiment passé un cap. Je pense que tout ça l’aide à se positionner de la sorte."

Très impliquée dans son projet professionnel depuis plusieurs années déjà, "Kiki" ne laisse rien au hasard pour se donner des moyens à la hauteur de ses ambitions.  "Ce que j’aime bien avec Kristina c’est qu’elle a vraiment pris son projet en main, confirme Mathieu Rodrigues, sparring-partner des Bleues. Elle décide de tout, elle a constitué son équipe. Elle est bien entourée par sa famille et elle fait aussi 100% confiance à son préparateur physique. Je pense que c’est vraiment quelque chose de très important pour elle. Elle sent très bien le jeu, elle est capable de tout faire mais avant elle pêchait peut-être un peu physiquement en étant parfois un peu lente sur certains déplacements.  Elle a axé son travail là-dessus depuis plusieurs mois et elle est très exigeante avec elle-même à l’entraînement, poursuit celui qui a partagé deux semaines d’entraînement avec elle à Roland-Garros juste avant le stage de préparation de cette rencontre de Fed Cup. Kristina a beaucoup d’ambition, elle ne se met pas de limite et elle se rend compte qu’en travaillant comme elle le fait elle est proche du niveau des meilleures. Moi je le sens à l’entraînement. Avant elle avait du mal à enchaîner les déplacements maintenant elle arrive à reprendre l’ascendant dans le point même après plusieurs échanges. Tactiquement elle est assez maligne, elle sent bien le jeu alors quand tu rajoutes un physique solide ça peut faire mal."

Rigoureuse et ne laissant rien au hasard, Kristina a déjà commencé à récolter les fruits de son travail, ce qui n’étonne pas Pierre Cherret. "Elle a vraiment progressé physiquement, elle a passé un vrai cap à ce niveau-là. En Australie elle était sûrement un peu déçue de ses résultats (défaite au premier tour contre Ana Konjuh) mais elle est restée pour le double et tous les jours elle faisait ses séances physiques, elle ne lâchait rien et ça a payé. Ça lui a donné une nouvelle dimension physique mais ça joue aussi sur son mental car elle sait qu’elle peut tenir, qu’elle est plus solide sur ses appuis, qu’elle est plus rapide, plus endurante et ça lui donne encore plus confiance. Tout ce travail paie aujourd’hui et en gagnant plus de matches elle engrange encore plus de confiance."

 

 

Sûre d’elle et de ses choix, Kristina Mladenovic reste cependant à l’écoute et n’hésite pas à profiter des conseils du staff de l’équipe de France lors des stages de préparation. "Elle aime savoir ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait, explique Pierre Cherret. Le terme collaboration est très adapté à la relation qu’on a avec elle. On est beaucoup dans l’échange. Elle donne son avis, elle se connaît bien à la fois au niveau physique qu’au niveau de son jeu et je trouve que c’est très intéressant de travailler comme ça."

Chargée de lancer l’équipe de France face à l’Espagne samedi à partir de 14h face à Silvia Soler Espinosa qu’elle a battu lors de quatre de leurs cinq précédentes confrontations, Kristina Mladenovic espère surfer sur sa bonne préparation pour apporter le premier point de la rencontre à l’équipe de France : "C’est toujours particulier de reprendre les matches après une  longue période d’entraînement mais j’ai hâte que le week-end commence et j’espère mettre l’équipe dans les meilleures dispositions possibles." C’est tout ce qu’on lui souhaite. 

 

Amandine Reymond, à Roanne