20/04/17 - 19:07

 

Entre ses cours à l’ESSEC où il suit un Master cette année, les cours qu’il donne au Paris Country Club et ses activités au sein de l’UNJPT (Union Nationale des Joueurs Professionnels de Tennis) où il fait le lien entre les organisateurs des tournois CNGT et les joueurs français, Mathieu Rodrigues n’a pas le temps de s’ennuyer. Surtout avec deux enfants en bas âge à la maison. Mais quand le nouveau staff de l’équipe de France de Fed Cup lui a proposé de continuer l’aventure débutée l’an dernier, il n’a pas hésité une seconde.

211e mondial à son meilleur niveau, Mathieu Rodrigues n’aurait jamais imaginé porter le survêtement tricolore un jour mais ce rêve est devenu réalité depuis qu’il a intégré le staff de l’équipe de France de Fed Cup en février 2016. « C’est incroyable de porter ce maillot. C’est la classe. Je n’ai jamais eu le niveau pour prétendre intégrer l’équipe de France en tant que joueur et là j’ai le survêt’ à mon nom c’est une très grande fierté », glisse celui qui avait été contacté début 2016 par Amélie Mauresmo, alors capitaine des Bleues. « Au début j’avais cru à une blague en recevant le texto d’Amélie, mais j’ai vite compris que c’était sérieux quand elle m’a appelé un quart d’heure plus tard », se souvient-il.

Très vite intégré, Mathieu Rodrigues avait quand même eu droit au bizutage classique. « Les filles avaient retourné ma chambre et lors du dîner j’avais dû faire un discours. C’était mieux que devoir chanter parce que je ne suis pas très doué pour ça, rigole-t-il. Je connaissais très peu les filles avant d’intégrer l’équipe l’an dernier mais tout s’est très vite bien passé. »  Lui qui n’avait jamais été le sparring-partner d’une joueuse avant la préparation du premier tour de Fed Cup 2016 a vite trouvé sa place dans l’équipe. « Il y a beaucoup de sérieux dans le travail, je m’investis à fond. Il faut être pro quand ça bosse mais on rigole pas mal en dehors. Elles ont toujours été très cool et respectueuses avec moi. » 

D'Amélie à Yannick, l'aventure continue

Après une campagne 2016 riche en émotions notamment lors de la finale perdue contre les Tchèques en novembre dernier pendant laquelle l’équipe avait vécu « des moments très forts avec une ambiance de dingue et des matches incroyables », « Mat’ » ne savait pas s’il allait continuer au sein de l’équipe. « Ce n’était pas évident car quand il y a un nouveau capitaine, il y a souvent un nouveau staff mais ça s’était bien passé avec les filles, j’avais dit que j’étais partant pour continuer et ils ont de nouveau fait appel à moi pour le premier tour contre la Suisse à Genève. » « C’était une demande des joueuses qui l’apprécient vraiment, explique Pierre Cherret, entraîneur de l’équipe de France. Il a un rôle important. Il a de l’humour, il est à l’écoute, il est proche des filles tout en restant assez discret. Et puis il a joué à haut-niveau, il a l’expérience des situations de stress, de tension donc il maîtrise ces moments-là, il sait garder son calme et les filles le ressentent. »  

Sur le court, pendant la semaine de préparation, le champion de France par équipes 2014 (avec Quimperlé) ne compte pas ses heures. « C’est assez variable selon le programme d’entraînement mais je peux taper jusqu’à cinq heures par jour et j’essaie d’adapter mon jeu en fonction des adversaires, expliquait-il après avoir joué pendant une heure avec Kristina Mladenovic mercredi. « J’étudie le jeu des joueuses adverses et je lui dis comment modifier son jeu, détaille Pierre Cherret. Il sait tout faire, c’est un très  bon joueur et il arrive bien à s’adapter. Quand on préparait le match contre Bencic en Suisse, il prenait la balle plus tôt, là il met plus de lift en coup droit et répète les principaux schémas de jeu des Espagnoles pour nous aider à préparer nos joueuses au mieux. » Avant de se transformer en supporter déchaîné le week-end… « Sur le banc il est à fond et c’est top ! », confirme Pierre Cherret.

Lundi, quel que soit le résultat de la rencontre, Mathieu Rodrigues retrouvera les bancs de l’école à l’ESSEC. « J’ai trois jours de cours toutes les deux semaines et c’est à chaque fois tombé la semaine suivant la Fed Cup, j’ai eu de la chance même si le lundi matin c’est forcément un peu dur d’enchaîner, glisse-t-il dans un sourire après avoir échangé quelques balles avec Yannick Noah. « Pour moi c’est quand même énorme. L’an dernier je côtoyais Amélie Mauresmo, cette année c’est Yannick Noah et Mary Pierce… C’est génial de se retrouver au côté de ces champions, je ne peux pas rêver mieux. En jouant avec Yannick devant plus de 500 enfants, je me disais ‘le mec en face de toi il a gagné Roland !’ c’est vraiment un kiff. Je me régale et j’espère vraiment que les filles vont gagner cette rencontre et la Fed Cup dans un futur proche. »

 

 

A la rencontre de Pierre Cherret, entraîneur de l'équipe de France de Fed Cup

 

Amandine Reymond, à Roanne