12/02/17 - 22:30

“Yannick, dans quel état êtes-vous à la fin de ce week-end ?
Je suis épuisé… Je pense qu’on a perdu contre plus fort que nous. On s’est bien bagarrés, le point clé a été le troisième simple. On comptait dessus… Ç’a été un très beau match. J’ai cru à 5-5 qu’on allait revenir mais voilà… 4-1 il n’y a rien à dire.

Est-ce parce qu’Alizé Cornet était blessée à l’épaule que vous avez préféré aligner Pauline Parmentier pour le quatrième simple ?
Disons qu’Alizé n’était pas en mesure de jouer deux matches aujourd’hui (dimanche). Donc on avait le choix de la faire jouer en simple et de devoir se passer d’elle en double ou de la préserver pour un éventuel double. Il a fallu prendre une décision. On s’est dit qu’il fallait essayer de gagner le troisième point et de jouer avec Pauline même si elle a été prévenue tard. Et puis il y a la vérité des matches et ça ne s’est pas passé comme on l’espérait.

Y-a-t-il un sentiment d’échec ce soir ?
Quand tu perds 4-1, il y a forcément un sentiment d’échec. Oui, j’avais envie de gagner. À un moment, avant la rencontre, j’avais même envie de les “massacrer“ (sourire), mais on s’est fait “massacrer“, ça fait partie du jeu. Dans ce type de matches, il faut essayer de pointer du doigt les choses positives, mais aussi être très vigilant et essayer de déceler ce qu’on peut améliorer et mettre de côté les choses négatives pour qu’elles ne se reproduisent pas. Mais ça, je préfère le faire tranquillement dans deux-trois jours.

(Yannick Noah prend ensuite la parole, sans attendre de question. Le capitaine a un message à transmettre qui lui tient visiblement à cœur)

Je voudrais remercier Kiki devant tout le monde. Hier (samedi), on m’a demandé s’il y avait une leader, je vous ai dit que non. Eh bien aujourd’hui, elle s’est comportée en leader. Elle a joué cinq sets. Elle s’est proposée pour jouer ce double sans enjeu et ce sont des choses qui comptent beaucoup pour moi. Elle a été exemplaire toute cette semaine. (Il se tourne vers Amandine Hesse) Amandine aussi, même si elle est un peu tristounette ce soir. “

 

Arrivées en cours de conversation, Kristina Mladenovic et Amandine Hesse, qui ont disputé le double sans enjeu face à la paire Timea Bacsinszky/Martina Hingis, ont assisté les yeux rougis à cette prise de parole. Les larmes n'ont pas tardé à couler, tant chez les joueuses que dans l'assistance, quand “Kiki“ et “Amande“ ont à leur tour livré leurs impressions à chaud, après ce week-end riche en émotions.

Kristina Mladenovic : “Les émotions fortes ne viennent pas que du côté sportif. Il y a des valeurs et aujourd’hui, si je suis émue et que c’est beau même dans la défaite, c’est parce qu’il y a des filles comme Amandine qui respectent le maillot bleu et qui mourraient pour être en équipe de France. Je ne peux pas vous décrire l’énergie et la fraîcheur qu’elle a données à cette équipe. Je suis très fière d’elle car c’est une copine d’enfance et c’est beau ce qu’elle a fait cette semaine, pour passer de sparring à quatrième joueuse et se retrouver à jouer un double avec moi. L’aventure est plus belle avec les personnes qui ont ces valeurs, qui sont prêtes à mourir sur le terrain et à ne pas être égoïstes.“

Amandine Hesse : “Comme l’a dit Kristina, je suis prête à mourir pour ce maillot. C’est mon rêve de représenter mon pays depuis que je suis toute petite. Avec Kiki, on a déjà eu l’occasion de le faire quand on était plus jeunes et je vis pour ça, pour partager ces moments en équipe. J’ai tout donné ce week-end, au bord du court et sur le court. J’ai tout donné lors des entraînements cette semaine pour mériter ma place aujourd’hui et quand Yannick m’a annoncé que je faisais partie de l’équipe, j’étais la plus heureuse. Et jouer mon premier match aujourd’hui avec Kristina… je ne pouvais pas rêver mieux.“

(Propos recueillis par Amandine Reymond, à Genève)

 

Retrouvez le dossier complet du premier tour entre la Suisse et la France.