27/03/18

Le rêve est permis. En offrant trois points à l’équipe de France en février dernier, pour créer l’exploit et battre au bout du suspense des Belges pourtant favorites au premier tour de la Fed Cup (3-2), Kristina Mladenovic a été le moteur d’un élan enthousiasmant chez les Bleues. “Je suis très content que ‘Kiki’ ait joué à ce niveau-là, pour nous, avait alors confié Yannick Noah. Elle est là depuis des années, elle est attachée à l'équipe de France, elle l'a prouvé. Elle donne son énergie à l'équipe. En tant que capitaine c'est beau à voir. Nous avons une leader fantastique mais une rencontre, ça se gagne en équipe.“

Une vague d’énergie positive qui a déteint sur les coéquipières de la chef de file tricolore, qui, toutes à leur façon, ont participé à lancer de la plus belle des manières la campagne 2018. “Le résultat montre qu'on est une équipe soudée, a de son côté souligné Pauline Parmentier. Je pense que sans ça, on ne s'en serait pas sorties.“ Voilà pour le passé très récent. Place au présent et au futur. Les filles de Yannick Noah peuvent désormais voir en plus grand puisqu’elles ne sont plus qu’à une rencontre d’une nouvelle finale, deux ans après celle de Strasbourg, face à la République tchèque.

Sur terre battue intérieure

“J'aimerais qu'on joue contre les deux sœurs Williams au Stade de France, truc de ‘ouf’... Ce serait trop bien… !“, avait ainsi lancé sur le ton de la boutade le capitaine au soir de la qualification pour le dernier carré de la compétition. Il y avait bien évidemment également un peu de vrai dans cette déclaration puisque ces 21 et 22 avril, ce sont bien les États-Unis que nos Bleues reçoivent. Mais c’est la terre battue, plus logique compte tenu des forces françaises et de la période de la saison, qu’elles ont choisi pour défier, en indoor, les tenantes du titre.

Pour l’occasion, l’équipe de France et les supporters vont découvrir l’Arena Pays d’Aix, une salle flambant neuve, inaugurée en octobre dernier au cœur de la métropole d’Aix-Marseille-Provence. Et qui, en configuration tennis, peut accueillir 6700 spectateurs : de quoi faire monter l’ambiance pour une affiche France-USA au sommet. Il s’agit du 14e duel entre les deux équipes, le huitième sur ocre. Si les joueuses à la bannière étoilée dominent le face-à-face, puisqu’elles se sont jusqu’ici imposées onze fois depuis 1966 et un premier affrontement à Turin, les Tricolores restent néanmoins sur une victoire.

L'expérience côtoie le futur

En 2014 à Saint-Louis, la France avait en effet battu les USA sur le fil (3-2) en barrages du Groupe mondial. En 2018, il s’agira bien évidemment d’une autre histoire, puisque les Américaines, victorieuses des Pays-Bas au premier tour, sont cette fois-ci en course pour une qualification en finale de la Fed Cup deux années de suite. Une performance qu’elles ont accomplie pour la dernière fois en 2009-2010. Lorsque l’on parle de tennis féminin aux États-Unis, tous les regards se braquent d’instinct sur Venus et Serena Williams.

Mais la capitaine du “Team USA“ Kathy Rinaldi -pour la petite histoire, toujours invaincue depuis sa prise de fonction- peut s’appuyer sur un vivier riche, où l’expérience côtoie le futur.  “Au final, ce sera à Kathy de choisir, a glissé Serena Williams, qui a effectué son retour à la compétition précisément à l’occasion du premier tour de Fed Cup en février. Elle a pléthore de joueuses parmi lesquelles choisir, il y a tellement d’Américaines qui jouent bien.“ Et la femme aux 23 titres du Grand Chelem de conclure : “J’espère être en mesure d’être une option.“ Que la question soit posée est en soi révélateur de la qualité du plateau de ce week-end aixois.

(Myrtille Rambion)